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Bulletin Numismatique n°262 38 successifs de son testament26 au cours des six derniers mois de sa vie en semblent une indication. Sa mort est déclarée par un ami, Louis Leclerc, qui réside à Rouen, et par son frère cadet, Ulysse. Ce dernier reprendra ponctuellement le flambeau fraternel, en réalisant notamment deux médailles pour Notre Dame de Bonsecours : l’une pour célébrer le couronnement en 1880, l’autre pour commémorer sa consécration en 188527. Il laisse derrière lui une œuvre riche d’au moins une centaine de modèles originaux – un chiffre clairement sous-estimé au regard des « trous » dans les sources d’informations le concernant à plusieurs périodes. Son souvenir s’efface bien rapidement alors qu’il bénéfice à son époque d’une reconnaissance de son talent qu’il paraît 26 Il témoigne d’une aisance matérielle particulièrement significative 27 À noter que la reprise du flambeau s’incarne aussi par une aventure assez étonnante : le terrain acheté en bord de mer, sur la côte de Nacre, par Achille Hamel au milieu des années 1860, reste nu. Ses héritiers vendent la parcelle en 1880, pour la racheter en 1889 ! Ulysse y fait alors bâtir une maison : le chalet des Glaïeuls, en 1894, vendu ensuite en 1897. Ce bâtiment a disparu, détruit lors du débarquement du 6 juin 1944. difficile de contester, mais qui ne nous est pas parvenue en tant que telle. Il ne semble avoir été l’élève, ou le maître d’aucun graveur. Son absence dans les salons et expositions en tant que graveur, pour présenter son travail, est sans doute aussi préjudiciable. Enfin, l’absence de toute descendance familiale directe n’est pas de nature à favoriser l’entretien de sa mémoire. Pourtant, son activité professionnelle lui survit d’une certaine manière : le commerce qu’il a fondé cours Boieldieu perdure pendant plusieurs décennies28, de manière particulièrement éclatante avec ses deux premiers successeurs : Adolphe Lecomte jusqu’en 1879 puis Adolphe Noël jusqu’au début du 20e siècle. Ces deux graveurs ont également produit des médailles remarquables - leurs deux inventaires combinent une centaine de modèles, mais c’est là une autre histoire. Guillaume CHASSANITE 28 L’activité se transforme au cours du temps, et suit les modes. L’entreprise ferme définitivement en 2022. À cette époque-là, elle affiche sur sa devanture « Gravure industrielle et commerciale, depuis 1860 », au 61 rue des Ours, à Rouen. Même là, il y a une erreur manifeste qui efface Hamel, puisqu’il est certain que l’entreprise remonte plutôt à 1845… 1860 correspond à la cession du fonds de commerce à Lecomte. ACHILLE HAMEL, TRAJECTOIRE D’UN MÉDAILLEUR OUBLIÉ ANNEXE – MÉDAILLES ET JETONS HAMEL Fig 1 : Société centrale d’horticulture du Département de Seine Inférieure -1848 Fig 2 : Caisse d’épargne et de prévoyance de Rouen - 1852 Fig 3 : Société des régates rouennaises - 1852 Fig 4 : Notre Dame de Bonsecours - 1853 Fig 5 : Ville de Rouen - 1855 Fig 6 : Comptoir d’escompte Rouen – jeton à pan - 1855 Fig 7 : Conseil central d’hygiène et de salubrité Seine Inférieure 1855 Fig 8 : Assurances la Clémentine – secours et dévouement - 1855 Fig 9 : Chambre Consultative des arts et manufactures d’Elbeuf - 1856 Fig 10 : Médaille de Bonsecours - 1857 Fig 11 : Compagnie elbeuvienne d’éclairage - 1857 Figure 12 : Assurances la Normandie 1858 - 59

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