Bulletin Numismatique n°262 23 Avec ce potin, nous sommes en présence d’une monnaie à attribution variable. Donné dans le Muret Chabouillet (p. 212) et l’atlas de La Tour (LT XXXI, 9194) aux Silvanectes (région de Senlis), ainsi que dans le Traité des Monnaies Gauloises, d’Adrien Blanchet en 1905 (p. 367, fig. 342 et note 2). S. Scheers, dans la Gaule Belique, Traité de Numismatique Celtique, Louvain, 1983, p. 733-734, type 189, pl. XXIV/ 674 donnait plutôt ce type aux Suessions, attribution reprise dans Gallia 52, 1995, p. 8. S. Scheers en 1977 ne signalait les provenances que de cinq exemplaires : deux dans l’Aisne (02), deux dans l’Oise (60) et un en Seine-et-Marne (77). La publication du Nouvel Atlas des monnaies gauloises, 1 de la Seine au Rhin par L.-P. Delestrée et M. Tache a rebattu les cartes (cf. série 90, les potins tardifs en région parisienne, p. 133, DT 683, var. 2, pl. XXIX). Si l’attribution aux Suessions n’est pas obligatoirement remise en question, une aux Meldes n’est pas à négliger. La fabrication de ce potin semble bien à situer géographiquement dans le nord-est parisien, confirmé par une nouvelle trouvaille en Seine-et-Marne (77). La remarquable synthèse de B. Foucray et A. Bulard, Monnaies gauloises en bronze d’Île-de-France. Synthèse de la circulation et les émissions monétaires, RAIF, Paris, 2020, p. 146, 2.4 indique que dans les monnaies non retenues dans ce catalogue figure « le rarissime potin LT 9194 (fig. 139). Présent par trois exemplaires dans les collections de la BnF (BN 9194-9196), deux d’entre eux sont d’origine francilienne. Le premier (BN 9194) provient de Meaux (77) et le second (BN 9196) de Paris ». Une attribution aux Parisii ne semble donc pas avoir été retenue par les deux auteurs. « L’attribution de cette monnaie à un peuple précis reste donc incertaine. Pour eux, l’attribution aux Meldes ne paraît pas pouvoir être retenue, en dépit de deux trouvailles dans le département de la Seine-et-Marne à Meaux ». Finalement l’attribution primaire aux Sivlanectes, avancée au XIXe siècle pourrait bien être la bonne ! PARISII – PARISIENS (IIe – Ier siècle avant J.-C.) Les Parisii formaient un peuple petit mais puissant dont l’oppidum était Lutèce. Apparentés aux Sénons, les Parisii et la cité se seraient émancipés de leur tutelle, relativement tardivement, après la défaite arverne de 121 avant J.-C. La richesse des Parisii reposait sur le contrôle fluvial de la Seine et des confluents avec la Marne, la Bièvre, l’Ourcq et l’Oise. César choisit Lutèce, en 53 avant J.-C. pour convoquer l’assemblée des peuples gaulois. Les Parisii furent parmi les premiers à répondre à l’appel de Vercingétorix, l’année suivante, en 52 avant J.-C. et ils fournirent un contingent de huit mille hommes pour l’armée de secours. Surveillé par Labienus, ami et légat de César, le territoire des Parisii fut le théâtre des derniers combats qui opposèrent Gaulois et Romains. Finalement, le chef aulerque Camulogène fut vaincu et tué près de Lutèce. César (BG. VI, 3 ; VII, 4, 34, 57, 75). Kruta : 36, 40 46, 68, 365, 368. Potin au loup mangeur et à la rouelle, Parisii, (Parisiens) ou Silvanectes (Senlis), Ier siècle avant J.-C. (Pot, 3,71 g, 20 mm, 3h) A/ Anépigraphe Tête nue à droite, la chevelure en mèches chevronnées tirées en arrière ; grènetis et bourrelet périphérique. R/ Anépigraphe Petit personnage à l’allure de batracien, le bras mangé par un loup (?) ; sous le personnage, une rouelle ; grènetis et bourrelet périphérique. LT 9194 Silvanectes) – DT 683 – Sch/GB 674 Très joli potin présentant une fine usure superficielle. Autrement, chaque motif reste bien net avec un revers particulièrement bien venu à la coulée. Patine grise Rare. TTB+ 3 000€ Ce type de potin est extraordinaire, il manque à la plupart des musées et ne passe quasiment jamais en vente ! Anciennement attribué aux Suessions ou aux Meldes, il a été restitué à la Région Parisienne dans le Nouvel Atlas, avec le potin Parisii au cheval DT. 682. Dans la composition du revers, J. Debord voit une scène de la mythologie germanique, où le loup Fenrir dévore le bras du dieu Tyr. P.-M. Duval ne reprend pourtant pas cette rare monnaie dans son ouvrage Monnaies gauloises et mythes celtiques. Attribué aux Suessiones, Meldes, Parisii ou Silvanecti, ce potin énigmatique, tant par sa composition iconographique que son message ésotérique, nous livre un exemplaire particulièrement bien venu, finement détaillé pour un potin, et de la plus grande rareté comme l’atteste la carte de répartition des trouvailles et des exemplaires recensés. Viviane BÉCLIN & Laurent SCHMITT Cet exemplaire vient d’être vendu, félicitations à son acheteur qui a fait un très bon choix, vous pouvez retrouver toutes nos monnaies gauloises sur notre site Cgb.fr ! QUAND LES PARISIENS FONT DES POTINS ? LM299 50€ !
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