Bulletin Numismatique n°261 74 « Sadness », c’est le premier mot qui nous vient à l’esprit quand nous avons appris lé décès soudain de Philip Skingley, décédé soudainement en ce début d’année, tout juste âgé de 54 ans. Philip, nous l’avions connu à la fin du XXe siècle et l’un des deux Laurent allait lui rendre visite chaque fois que nous allions à Londres lors de courtes visites. L’accueil qu’il nous réservait à chaque fois faisait plaisir, partageant parfois un déjeuner quand le planning l’autorisait. Nous étions des partenaires, habités par la même passion, la numismatique dans le respect de chacun et nous avons fait beaucoup pour la diffusion des ouvrages en anglais pendant les deux décennies qu’il passa à la maison Spink (fondée en 1644) dont il était le responsable des éditions et du département Librairie de la maison Londonienne. Il travaillait en étroite collaboration avec la Royal Numismatic Society (RNS) (fondée en 1836) et le British Museum. Le nombre d’ouvrages qu’il a suivis ou dont il a aidé la publication sont légion, en particulier le Coins of England dont il fut l’éditeur pendant plus d’une décennie. Retenons également le Roman Coins and their Values dans sa nouvelle édition publiée à partir de 2000 en 5 volumes dont nous avons diffusé près de 3 000 volumes individuels pour des ouvrages rédigés en anglais et qui continue à se vendre encore aujourd’hui, un quart de siècle après. Depuis 2016, il avait rejoint Coincraft, dont la boutique se trouve juste en face du British Museum, fondé par Richard Lobel en 1955. Philip en était devenu Directeur, démontrant ainsi ses capacités et ses multiples talents. Nous garderons, l’image de Philip, un parfait gentleman, un bon numismate, un honnête homme. Nos pensées accompagnent dans ce moment difficile, sa famille. Laurent SCHMITT et Laurent COMPAROT PHILIP SKINGLEY (12 janvier 1972 – 3 février 2026) C’est une grande figure de la numismatique française et notre doyen qui disparaît, entré dans sa 99e année. Retracer son existence, c’est comme raconter l’histoire de la numismatique française des sept dernières décennies. Comme il l’évoquait dans Numismatique et Change lors de la vente de sa collection de monnaies françaises par Cgb en 2000, il avait débuté celle-ci l’année de ma naissance, en 1957. Bien connu de tous, il était président d’honneur de nombreuses sociétés et associations dont il avait été à l’origine de la création comme la Fédération Française des Associations Numismatiques (FFAN) dont il fut longtemps aussi le président. De même avec son vieux complice Maurice Muszynski (1927-2010) ils avaient fondé l’Association Française pour l’Étude du Papier-monnaie (AFEP) qui vient de fêter son anniversaire lors de son 43e salon en février. Président d’honneur, il était à l’origine avec Olivier Fournier et Michel Prieur des Amis de l’Euro (2004) mais aussi des Amis du Francs (créée en 1997). Il avait dirigé avec Favier et les Charton pendant des années le salon de Bagnolet bien avant Monexpo qui firent les beaux jours du Novotel où les numismates se rendaient et se pressaient deux fois par an. Il fut aussi co-président de la Société Numismatique de Paris et de sa région (SNPR) dont les plus anciens se rappelleront sans doute. Codirecteur de la collection « Histoire du papier monnaie en France », il a lui-même écrit et publié près d’une vingtaine d’ouvrages, consacrés aux Billets sous toutes leurs formes, mais aussi un ouvrage sur les essais français et de nos « anciennes colonies ». Pendant des années, par le biais de la FFAN, il fut l’interlocuteur et le représentant des collectionneurs et des associations numismatiques auprès de la Monnaie de Paris avec laquelle il entretenait des relations privilégiées. Pour ma part, je l’ai connu au début des années 80 et nos relations furent parfois compliquées avant de nous retrouver à l’occasion de la vente de sa collection de monnaies françaises modernes, MONNAIES VI, qui reste une référence en matière de collection consacrée à ce sujet, où la plus rare comme la 20 Francs Dupré 1973 ou l’essai de 5 Centimes 1914 y côtoie les monnaies les plus humbles ou anonymes car à ses yeux, elles présentaient toutes le même intérêt. Dentiste de métier, il ne faut pas oublier que derrière le grand numismate (monnaies et billets) se trouvait aussi, l’homme cordial, le mari attentionné, le père attentif et le grand-père chaleureux. Nous pensons à eux tous en ce moment difficile. Maurice Kolsky, par sa longévité et son expertise aura traversé le XXe siècle et le premier quart de XXIe siècle et nous laisse une œuvre importante qui va rester et sera certainement l’inspiratrice des générations futures car il croyait en la numismatique, pour en être convaincu, nous invitons le lecteur à se rapporter à l’article qu’il avait livré au moment de la vente de sa collection en 2000. Il a été le témoin et l’acteur d’une période de la numismatique française que certains qualifieraient d’heureuse mais surtout un grand promoteur de la numismatique moderne et contemporaine tant pour ses travaux sur le papier-monnaie que par son apport dans la frappe monétaire française. Il a été de ceux qui ont contribué à construire les exigences et la rigueur de notre numismatique contemporaine. Laurent SCHMITT (président d’honneur des ADF – vice-président de la FFAN) et Laurent COMPAROT MAURICE KOLSKY (1927-2026)
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