Bulletin Numismatique 261

Bulletin Numismatique n°261 61 En 1966, il est Médaille d’honneur au salon des artistes français pour sa médaille de la ville olympique Grenoble. Il grave aussi pour Martineau et Cie de Saumur, pour la Monnaie de Paris et pour la S.N.A.G. éditeur privé de médailles10. Figure 2 : Initiation à la danse, composition pour le grand Prix de Rome 1951 © coll FB SA COLLABORATION AVEC LA MONNAIE DE PARIS Avec cette dernière sont édités 23 Médailles et jetons entre 1947 et 1973 dont de nombreuses médailles sur des thèmes de sa région, médailles qui associent sa vision 3D de sculpteur à celle de graveur. Ainsi prennent vie les châteaux d’Amboise, Chambord, Chaumont, Chenonceau, Cheverny, Cléry-Saint-André, Blois, Gien, la Bussière, Ménars, Valencay, Villandry, Saint-Benoit sur Loire… (Fig 3) Il grave aussi des personnalités telles que l’écrivain Alfred Jarry, le peintre Georges Cheyssial et Léo Delibes célèbre compositeur du XIXe siècle. Le revers de la médaille d’Alfred Jarry traduit l’esprit satirique de sa pièce de théâtre Ubu roi et celui de Georges Cheyssial illustre son appartenance à l’Institut de France et sa présidence de la société des artistes français. Figure 3 Avers : Église de Germiny-les-prés © coll FB Revers : Charlemagne ©coll FB L’avers de celle de Léo Delibes est son portrait à gauche, inspiré de la photo du compositeur par Ellinger parue dans l’Illustration du 28 avril 1883, avec une lyre d’Orphée. Il renoue 10 Société Nationale d’Arts Graphiques, en 1968, 16 rue Saint-Fiacre à Paris est une société d’Arthus Bertrand. En 1965 éditions des médailles Annemasse, Mâcon, Saint-Gervais, Montchanin, Reims, Soissons. CV Arch municipales Orléans 3D8191 avec la danse, sujet qu’il a présenté en 1951 au prix de Rome. Le revers représente au revers Sylvia, nymphe de Diane dansant au milieu de la forêt avec un chef dirigeant devant la fosse d’orchestre. Cette médaille est datée sur la tranche de 1966, 130e anniversaire la naissance du maître et le centenaire de son ballet La Source dont il a coécrit la musique avec Minkus. La légende rappelle deux ballets Sylvia, Coppélia et un opéra Lakmé. Pour son travail Coutre reçoit 2000 Francs de la Monnaie de Paris et la médaille, frappée en bronze et en argent au module de 68 mm est commercialisée le 25 octobre 1966 (Fig 4). Cette médaille a également été présentée avec une de la cathédrale de Reims par Coutre en octobre-novembre 1967 lors de l’Exposition Internationale de la médaille actuelle à l’Hôtel de la Monnaie, Paris. Cette exposition tenue à l’occasion du trentième anniversaire de la FIDEM, fédération internationale de la médaille, a rassemblé près de 400 médailleurs (dont 95 français) de 26 pays, d’Amérique, d’Asie, d’Europe et d’Océanie11. Figure 4 Avers : Léo Delibes ©coll FB Revers : Sylvia dansant au milieu de la forêt, chef et fosse d’orchestre ©coll FB En 1964, il grave un jeton de vœux octogonal « O Muse prends ton luth et me donne un baiser » (A. de Musset) et propose un projet de médaille commémorative pour le 150e anniversaire de la naissance de Viollet-le-Duc, projet jugé trop conventionnel et qui n’est pas retenu. En 1968, il grave une médaille « le Palais de la paix » de La Haye siège de la Cour internationale de Justice (Fig 5). La Cour est le seul des six organes principaux des Nations Unies à ne pas avoir son siège à New York. En 1969, il grave une médaille du château d’Angers qui surprend par sa taille et son poids. Le choix surprenant de l’artiste nous révèle sa connaissance de l’histoire. Si l’avers représente la face sud du château, ses tours et jardins, tournée vers la Loire, le revers reprend un denier de Charles II, comte d’Anjou de 1285 à 1290, avec en cercle « +ANDECAVENSIS » avec au cœur une clé à droite, accostée d’une quintefeuille (fleur à cinq pétales, percée en son centre) et un lis.12 11 Y Goldenberg, Catalogue de L’exposition, 433p, BNF cote Yd2- 38748. Pierre Dehaye, directeur des Monnaies et Médailles et fondateur du Club Français de la médaille, le classe dans « l’école de la plastiline ». Le motif initial de la médaille est alors modelé à la main avec une pâte à modeler de grande précision et existant en différentes duretés. 12 Revue du Club français de la médaille, 1969 p 70 ; référence Poey d’Avant, Monnaies féodales de France 1858 p208 ; cf site CGB.fr fme_920256 Château d’Angers ROBERT COUTRE GRAVEUR DE MÉDAILLES, SCULPTEUR ET POÈTE

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