Bulletin Numismatique n°261 60 QUI ÉTAIT ROBERT COUTRE ? Robert Coutre naît le 25 septembre 1915 rue Thiers à Gien, dans le Loiret, au domicile de ses grands-parents paternels. Il est le fils de Raymond Coutre employé de commerce, et de Clémentine Bernard son épouse1. Robert Coutre passe son enfance dans le quartier de la Genabie à Gien2. Robert se passionne pour la sculpture et non pour le dessin et œuvres publicitaires comme son père, devenu publiciste, l’espère. En 1935 il est diplômé de l’École Germain Pilon, École des Arts appliqués de la ville de Paris, section sculpture. Puis il rentre à L’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts qui alors est divisée en trois sections, Peinture, Sculpture et Architecture. À la section de Sculpture, se rattache la Gravure en médailles et en pierres fines. Entre 1935 et 1938 il est élève à l’École Supérieure des Beaux-Arts de Paris section Sculpture (atelier Henri Bouchard) puis Gravure en médailles. Au Salon des Indépendants de mars 1937, un torse de jeune homme est jugé « d’une réelle élégance de lignes ». En 1938, il est logiste en gravure de médaille et obtient par 9 voix contre 4 une mention au concours du Grand prix de Rome.3 Cette annéelà, lors de la séance extraordinaire du 29 juin, le Grand Prix dont le sujet était « la légende de Tarasque » n’a pas été décerné. Appelé sous les drapeaux pour effectuer son service militaire la même année, Robert Coutre est mobilisé en 1939 et affecté au 1er régiment de génie de Strasbourg. Fait prisonnier il est transféré en janvier 1941 au stalag V A de Ludwigsburg dans le Bade-Wurtemberg, jusqu’à sa libération le 4 mai 1945. En 1943, alors qu’il est en captivité, il est sollicité par la ville de Tours pour réaliser une statue de Jeanne d’Arc, projet resté sans suite.4 Il reprend alors ses activités artistiques et ses études en octobre 1945 dans l’atelier d’un des plus grands médailleurs du XXe siècle Henri Dropsy5. En décembre 1945, le conseil municipal de Gien lui commande le Monument de la Victoire et de la Paix « la volonté triomphante 19391945 »6. On lui doit en 1949 le monument aux morts d’Arrabloy une petite commune voisine de Gien, et en 1954 le monument dédié à la résistance dans le cimetière de Gien. Il est également chargé en 1946 par le mouvement de cheminots résistants « Résistance-Fer » de réaliser la médaille offerte par les membres du réseau de résistance de la SNCF au général Koenig. Suite à l’ordonnance du 4 août 1945, Robert Coutre reçoit une bourse annuelle pour poursuive ses études de gravure entre 1945 et 1951. En 1946, il expose au Palais de New1 Raymond Coutre est dit domicilié 18 rue Vulpian à Paris. Marié le 10 avril 1909 (AD75 13M195), il deviendra journaliste, directeur de La Feuille parisienne et publiciste à l’agence Havas. 2 Ses grands-parents paternels sont concierges à la Caisse d’épargne de Gien. 3 Logiste : désigne un élève sélectionné pour monter en loge. La loge est un petit atelier fermé où les élèves de l’École des Beaux-Arts préparent le concours annuel du Grand Prix de Rome. 4 Journal de Gien 28 octobre 1954 5 AN 19960510/14 6 AD45, 1PR76 Journal de Gien, 23 janvier 1997, le Berry Républicain 20 janvier 1948. York, aujourd’hui Palais de Tokyo, une vitrine de médailles fondues (portraits et compositions diverses bronze) au Salon des artistes français où il obtient une médaille d’argent. En 1947, il reçoit le Prix Chenavard de la médaille attribué par l’École des Beaux-Arts. En 1948, il est premier Second Prix de Rome de gravure véritable reconnaissance de son travail. Le sujet imposé est « près d’une vasque, des jeunes filles procèdent à leurs ablutions » (Fig 1). Les 6 logistes du Concours du Prix de Rome de Gravure en médailles 1948, sont : Jules France 1er Grand Prix, Robert Coutre 1er Second Grand Prix, Odette Singla 2e second Grand Prix suivis de Roger Betannier, Pierre Pradheilhes et Yves Helbert. À cette époque, une très belle médaille du centenaire de la mort du vicomte de Chateaubriand est alors achetée par le Cabinet des médailles7. En juin 1949, il est médaille d’or au Salon des artistes français avec une médaille à l’effigie de Marcel Cerdan champion du monde de Boxe le 21 septembre 1948 au Roosevelt stadium de Jersey-city. Malheureusement, un courrier de l’entraineur Lucien Roupp précise que les traits de M. Cerdan sont réservés à une maison d’édition privée et donc la médaille ne peut être éditée par la Monnaie de Paris.8 Figure 1 : Sujet de son second grand Prix de Rome 1948, Photo dédicacée © coll FB Après son retour à L’École Nationale Supérieure des BeauxArts de Paris9, Coutre entreprend en 1946 une collaboration de gravure de médailles d’art avec l’Hôtel des Monnaies de Paris. En 1950, il réalise, à la demande de la ville de Suresnes, un médaillon pour la tombe de Fernand Forest, inventeur du moteur à explosions. À cette période, il a, comme il aime le dire, un « studio de travail » 7 rue Aimé Morot dans le 13e arrondissement de Paris. En 1951, le grand prix de Rome a pour thème « initiation à la danse » (Fig 2). Sa proposition, très classique, représentant un couple de ballerines sur pointes n’est pas retenue, le jury préférant une représentation plus dure, plus moderne, métallique et abstraite. En 1956, il dépose un projet de chemin de croix pour l’église de Gien, non retenu par la commission des achats et demandes de l’Etat. 7 https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb386398266 8 Archives de la Monnaie de Paris 9 Il habite alors rue Vulpian dans le XIIIe arrondissement de Paris. AN 19960510/14 ROBERT COUTRE GRAVEUR DE MÉDAILLES, SCULPTEUR ET POÈTE
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