Bulletin Numismatique 261

Bulletin Numismatique n°261 49 RIC 479AB var, coll. de l’auteur On trouve par ailleurs l’erreur FORTA REDVC sur trois types : RIC 477var (coll. B. Murphy SEV-139), RIC 479 (coll. B. Murphy SEV-140) et RIC 479ABvar (coll. B. Murphy SEV-141). • IMP VIIII : les émissions portant la IXe acclamation ne portent que sur 3 références au RIC, contre 13 à Rome. • IMP X : une seule monnaie de Syrie – voire un seul coin - semble porter la Xe acclamation, si l’on en croit ces deux inédits liés par leur coin de droit : RIC -, coll. Martin Penterry(6) RIC -, coll. Curtis Clay Pourtant, Rome émet de nombreux types IMP X (24 références au RIC). Il semble que l’atelier syrien ait suspendu ou fortement réduit sa production au cours de l’année 197. Sévère ne réside pas en Orient, il n’est plus menacé de coup d’Etat après la mort d’Albinus : il n’y a plus aucune raison de maintenir un atelier dédié aux légions stationnées au MoyenOrient. • IMP XI : cette acclamation intervient fin 197. L’appellation Parthicus Maximus lui est décernée en janvier 198(7). Les émissions redeviennent abondantes à partir de 198, probablement du fait du séjour prolongé de Sévère en Orient (198201). Nous ne les détaillerons pas ici. Notons toutefois l’étrange légende de droit datée SEVERVS AVG PART MAX P M TR P VIIII, apparue en 201 lors d’une émission spéciale sur 4 deniers (RIC 521A, 521B, 523 et 523A) et un aureus (RIC 525), ainsi qu’à Rome (deniers RIC 151A, B et C, 174, aurei RIC 174, 175), riche en iconographie dynastique. Cette année correspond à quelques évènements marquants : retour de Sévère d’Égypte vers la Syrie où Caracalla prendra la toge virile, fiançailles de celui-ci avec Plautilla aussitôt élevée au rang d’Augusta, désignation de Sévère pour un troisième consulat, puis retour à Rome. Cette série semble destinée à une campagne de promotion de l’image impériale après le long séjour du prince loin de l’Urbs, en préparation des décennales de 202. Cette légende datée apparaît encore à Rome en 202 (TR P X), mais pas en Syrie. RIC 525, vente LEU 87 lot 52 RIC 523, coll. de l’auteur En synthèse, le « trou » de production de plus de 18 mois de l’atelier dit de « Laodicée » entre sa dernière et très brève production pour la IVe acclamation (avril 194) et sa « reprise » lors de la VIIIe acclamation (fin 195) est selon nous explicable par l’arrêt de production d’un atelier itinérant au printemps 194, suivi de la création d’un nouvel atelier oriental fin 195. Il est possible que ce dernier se soit situé à Laodicée-surMer(8), lieu de séjour de Sévère avant son départ fin 195 vers Rome par voie terrestre, cité récompensée pour sa loyauté à Sévère par le « droit italique » (ius italicum)(9) et par son élévation au statut de capitale de la nouvelle province de CœléSyrie au détriment d’Antioche. Toutefois, aucun élément factuel ne peut l’attester à ce jour. Olivier GUYONNET (1) Anne Daguet-Gagey, Septime Sévère, Rome, l’Afrique et l’Orient, Ed Payot, 2000 (2) Curtis Clay, acts of the International Numismatic Convention, 1973 (3) Johann Van Heesch, les ateliers monétaires de Niger, Revue Belge de Numismatique, CXXIV – 1978 (4) R. Bickford-Smith, The imperial mints in the East for Septimius Severus : it is time to begin a thorough reconsideration, RIN XCVI, 1994-1995, p. 53-71. (5) https://www.forumancientcoins.com/dougsmith/mintlao.html : « old style Eastern mint coins are known dated only to IMP II and IMP VIII. Reported specimens with other numerals can be explained as mistaken readings of one of these numerals caused by the practice of continuing the legend beyond the point of the bust ». (6) https://www.forumancientcoins.com/gallery/displayimage. php?album=1473&pid=192071#top_display_media (7) La célébration de la victoire parthique se serait tenue le 28 janvier 198, selon un calendrier des fêtes daté du règne de Sévère Alexandre, découvert à Doura Europos (Feriale Duranum). (8) à ne pas confondre avec les deux autres « Laodicée » syriennes, Laodicea ad Libanum (près de Homs) et Laodicée de Phénicie (actuelle Beyrouth). Ce nom de Laodicée fut assez répandu au Proche Orient au IIIe siècle av. J.C., en hommage à la reine Laodicé de Macédoine, épouse d’Antiochos et mère de Séleucos 1er. On notera au passage l’ironie de l’Histoire qui fit rivales deux cités portant chacune le nom d’un des deux parents du fondateur de la dynastie des séleucides… (9) Selon le juriste Ulpien. « Histoire Romaine » tome 2, p. 600, ouvrage collectif, Ed. Pluriel, 2023 SEPTIME SÉVÈRE : ÉMISSIONS ET EMPLACEMENT DE L’ATELIER DIT DE « LAODICÉE »

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