Bulletin Numismatique 261

Bulletin Numismatique n°261 47 pour s’être déclarée favorable au camp sévérien. Antioche perd son statut de colonie, son atelier monétaire est fermé. Dès lors, perdant son utilité avec la pacification de la Syrie, l’atelier itinérant cesse ses productions. L’approvisionnement des troupes syriennes en espèces est alors probablement assuré par Rome ou Périnthe. Notre thèse repose sur un constat simple : l’atelier dit « de Laodicée » n’a émis qu’une monnaie portant mention de la IVe acclamation (RIC 464), datée de 194 (TR P II), probablement en avril juste après la mort de Niger. Selon le RIC IV, l’émission suivante date de la Ve acclamation (RIC 465), intervenue lors de la première victoire parthique, donc au plus tôt à l’été 195, soit 15 mois après. Or, nous verrons plus loin que les émissions syriennes ne reprendront réellement qu’à partir de la VIIIe acclamation, fin 195. L’atelier n’ayant pu émettre depuis la Syrie entre fin 193 et le printemps 194, puisque Niger y règnait en maître, nous considérons qu’il convient de scinder les monnaies dites « de Laodicée » en deux groupes : • l’un comprenant les monnaies émises jusqu’à la IVe acclamation (avril 194), que nous attribuons à un atelier itinérant ; • l’autre regroupant les émissions ultérieures (IMP VIII et suivantes), réalisées à partir de fin 195 dans un atelier permanent syrien. ATELIER ITINERANT La titulature est L SEPT SEV PERT AVG IMP suivie du numéral de l’acclamation impériale, comme à Rome, avec variantes singulières « PERTE » ou « PERET ». • IMP ou IMP I: nous n’en connaissons aucun exemplaire lisible. Nous pensons que les références RIC 437 à 443A correspondent à de mauvaises lectures de monnaies usées ou à flanc trop court pour qu’un I ou II puisse être distingué sous l’effigie du prince, à l’image de ces exemplaires où le second I ou le II est relégué proche du L : RIC 441B (IMP I-I), CNG Electronic Auction 564 lot 609 RIC 376B (IMP-II), vente Naumann 61 lot 687 • IMP II : il s’agit selon nous de la véritable première émission de l’atelier. L’armée de conquête prend ses quartiers d’hiver à Nicomédie après la deuxième acclamation impériale. La production de cet atelier débute donc fin 193, comme celui de Périnthe, pour assurer le stipendium de janvier 194. RIC 388 var (RDVC), coll. de l’auteur RIC 448A var (RDEVC), coll. de l’auteur RIC – (DEVC), coll. de l’auteur RIC 455A, coll. de l’auteur • IMP III : il n’existe que deux références de denier au RIC. Le RIC 463 semble fantaisiste, puisque la légende de revers TR P V IMP III COS II est impossible : la Ve puissance tribunicienne n’intervient qu’au 1er janvier 197 (sous Sévère, les dates de début de puissance tribunicienne coïncident avec le début d’année civile, et non au 10 décembre comme au début de l’Empire). Or, on en est déjà à la VIIe acclamation impériale à cette date… Peut-être un faux d’époque, dont aucun exemplaire n’a été publié, ou une erreur de lecture (II et non V). Le RIC 464 (TR P IMP III COS II P P) n’est pas cohérent non plus avec la chronologie : le COS II du 1er janvier 194 intervient en même temps que la IIe puissance tribunicienne, on devrait donc avoir TR P II IMP III COS II P P, à l’image du RIC 29A (VIRT AVG TR P II COS II P P) portant la IIe acclamation. De plus, il surprend par la double mention IMP III à l’avers et au revers (comme le RIC 463), alors qu’aucune autre monnaie de l’atelier ne stipule l’acclamation impériale au revers. Là encore, il s’agit probablement d’une référence à oublier, dont on ne connait aucun exemplaire publié. La IIIe acclamation est probablement intervenue trop tard pour que l’émission destinée au stipendium de janvier 194 puisse la mentionner. Toutefois, même si une émission IMP III s’avérait indiscutable, elle n’affecterait pas notre thèse. SEPTIME SÉVÈRE : ÉMISSIONS ET EMPLACEMENT DE L’ATELIER DIT DE « LAODICÉE »

RkJQdWJsaXNoZXIy MzEzOTE=