Bulletin Numismatique n°261 45 Valentinien Ier, solidus, Constantinople, 368, RIC IX/ 29a – RCV 5/ 19300 (4500$) Au Bas-Empire ou Antiquité Tardive, le manteau consulaire est souvent enrichi de pierreries. Nos deux solidi présentent des bustes portant le diadème simple perlé, surmonté d’un cabochon rond ou carré gemmé, terminé par des rubans aux extrémités bouletées. Le riche manteau consulaire est complété par une panoplie d’objets symboliques : globe pour chacun de nos récipiendaires, complété du « scipio » (sceptre en ivoire surmonté d’une aigle) pour Valens et du sceptre bouleté pour Valentinien Ier, peut-être à l’image de celui de Maxence (306-312) découvert en 2006 au pied du mont Palatin à Rome surmonté d’une sphère de cristal. Les manteaux sont richement décorés et préfigurent le faste et la pompe des empereurs byzantins. Nous avons la chance pour notre second solidus, celui de Valentinien Ier d’avoir au revers avec VOTA PVBLICA la scène de la prise de consulat où les deux Augustes trônent côte à côte alors qu’il n’est pas assuré que les deux empereurs aient pris leur deuxième consulat commun à Trèves le 1er janvier 368. Ce consulat donna lieu à la distribution d’un donativum (distribution d’argent pour les militaires au départ, congiaire pour les citoyens, mais confondus dans l’Antiquité Tardive) dont les monnaies ont conservé la trace pour plusieurs ateliers dont Constantinople (P. Bastien, Monnaies et Donativa au Bas-Empire, NR XVII, Wetteren, 1988, p. 95 et note 1 & 8). Les deux augustes outre le manteau impérial, tiennent tout deux le sceptre bouleté de la main gauche et la mappa de la main droite levée (pièce de tissu blanche, que jetait le consul dans l’arène afin de donner le signal du début des jeux). Outre le diadème déjà signalé, ils sont nimbés. À leurs pieds, de chaque côté, un barbare agenouillé, les mains attachées dans le dos regardant chacun un des deux Augustes. Le revers du solidus de Valens est plus classique avec l’empereur plantant son labarum (étendard timbré du chrisme), et tenant le globe nicéphore (surmonté d’une petite victoire ou victoriola) qui le couronne. Le barbare est encore une fois agenouillé, les mains liées dans le dos se retournant vers l’empereur, symbole de sa soumission. Ces deux solidi se complètent harmonieusement et se répondent bien que leur datation ne soit pas identique, mais le message iconographique et politique qu’ils portent est indéniable et parfaitement identifiable par tous, à un moment où l’Empire romain est passé du Principat au Dominat. C’est aussi une invitation pour le lecteur à regarder différemment ces monnaies, à en apprendre la lecture et le vocabulaire et pourquoi pas à débuter une collection sur ce sujet qui est presque inépuisable et qui ne se décline pas seulement pour l’or dans l’Antiquité Tardive. Marie BRILLANT & Laurent SCHMITT VALENTINIEN IER ET VALENS : TOUS CONSULS ! Au mois de mars, les Amis des Romaines vont se retrouver deux fois. La première aura lieu en distanciel, le lundi 16 mars 2026 à 20h30 précises : Lors de notre réunion outre les chroniques de Marie-Laure Le Brazidec réservée aux nouveautés archéologiques et celle de Jean Rougemont pour les nouveautés bibliographiques nous découvrirons la conférence de Philippe Schiesser ayant pour thème : « Quand l’Antiquité Tardive finit-elle en numismatique ? » Nous nous retrouverons ensuite le samedi 21 mars 2026 en présentiel au restaurant le Bouillon, angle des rues Vivienne et Saint-Marc de 10h30 à 12h30 afin de découvrir notre thème du mois autour de Pierre Petitjeanin et Laurent Schmitt avec le thème : « Le faux en numismatique gréco-romaine : plus vrai que nature ! ». Cette réunion sera suivie de la prise en commun d’un déjeuner pour ceux qui le désirent. Pour toute information complémentaire, n’hésitez pas à prendre contact avec : laurent.schmitt1957@gmail.com LES AMIS DES ROMAINES (ADR) AU MOIS DE MARS
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