Bulletin Numismatique 261

Bulletin Numismatique n°261 31 Nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer cet Auguste du Bas Empire ou plutôt de l’Antiquité Tardive dans les colonnes du Bulletin Numismatique (BN 241, p. 56). C’était pour un solidus de l’empereur, déjà de l’atelier de Milan, mais avec une titulature de droit courte avec P F pour « Pius Felix » alors que sur notre exemplaire nous trouvons la mention PERPET pour « Perpetuus ». Comme nous le rappelions précédemment, les empereurs de l’Antiquité Tardive en Occident, après la mort de Valentinien III en 455, possèdent de drôles de noms qui seraient difficiles à porter aujourd’hui, à l’image de Petronius Maximus, Avitus, Majorien Sévère III, les deux plus amusants qui auraient prêté à rire ou quolibets dans la cour d’école, Olybrius et Glycère, sans oublier le dernier Romulus, comme le fondateur de Rome surnommé, cela ne s’invente pas, Augustulus (le petit auguste). Mais celui qui nous intéresse est Anthème qui a connu le plus long règne en Occident depuis la mort de Valentinien III, plus de cinq ans, alors que le règne des autres allait de quelques mois à quelques années. Mais qui est cet Anthème, Procope de son prénom, originaire de Constantinople ? Cet empereur a été mandaté par l’Auguste oriental, Léon Ier, afin de reprendre les choses en mains en Occident. Nous lui connaissons des solidi pour les ateliers de Milan, Ravenne et Rome. ANTHÈME (25 mars 367 – 30 juin 472) Procopius Anthemius Anthème est un descendant de Procope et le mari d’Euphémia, fille de Marcien. Suite à de brillants succès militaires contre les Goths et les Huns, Léon Ier le nomme empereur d’Occident après la mort de Sévère III. Ricimer, le maître de l’Italie et des destinées de l’Occident, épouse la fille d’Anthème. Mais Anthème, peu populaire du fait de ses origines grecques, se heurte aux Romains et s’aliène Ricimer, qui finit par le faire assassiner. Solidus, Milan, 467-472 (Or, 4,05 g, 19 mm, 12 h) taille : 1/72 L, poids théorique : 4,51 g, 7.200 nummi A/ D N ANTHEMI-VS PERPET AVG « Dominus Noster Anthemius Perpetuus Augustus », (Notre seigneur Anthème perpétuel auguste). Buste casqué, diadémé et cuirassé d’Anthème Ier de face, tenant de la main droite la lance placée sur l’épaule et de la gauche un bouclier orné d’un cavalier bondissant à droite (N’a). R/ SALVS REI - PV-BLICAE/ (MD)// COMOB « Salus Rei Publicæ », (La Santé de la République). Anthème et Léon Ier debout de face, vêtus militairement, tenant chacun une haste de la main droite et tous les deux, un globe crucigère. C VIII/ 6 (50f. or) - RIC X/ 2890 (R2) - Moneta 5/ 29/1 (43 ex.) - LRC 913 – RCV 5/ - MRK 196/2 (6000€) Ulrich Bansa, Moneta Mediolaensis, Venezia, 1949, p. 407, pl. XII/121 Guy Lacam, La fin de l’Empire romain et le monnayage d’or en Italie 455-493, Lucerne, 1983, vol. I, p. 484, pl. CXXVI-A (ex. BN) (2ex.) (Type III, classe IV). Monnaie idéalement centrée des deux côtés. Joli revers ainsi qu’un buste agréable. Usure régulière. Patine de collection. Très rare. TTB 1 500€/ 2 800€ Poids léger. Monnaie montée anciennement Mêmes coins que l’exemplaire de la BnF/ DMMA, cf. Lacam, p. 484 et pl. CXXVI-A (agrandissement). Pour l’atelier de Milan, G. Lacam avait recensé 134 exemplaires pour les ateliers de Ravenne, Rome et Milan. Pour ce dernier, il a recensé 52 exemplaires. Notre variété du Type III (VI) pour Milan, 28 exemplaires sont répertoriés. Pour la classe IV, seulement deux exemplaires sont connus. Ce serait donc le troisième exemplaire connu avec une liaison de coins avec l’exemplaire du Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de France. Ces solidi de la fin de l’Empire posent encore de nombreux problèmes typologiques et chronologiques. Seul un travail minutieux portant sur l’étude stylistique des portraits et des revers ainsi que l’étude de liaisons de coins permettront d’étayer des théories considérées par certains comme fantaisistes mais qui ont eu le mérite d’attribuer de nombreux solidi de types constantinopolitains aux ateliers d’Occident. Ces solidi de l’Antiquité Tardive possèdent souvent des « pedigrees » prestigieux, provenant de vieilles collections et grâce au magistral travail de Guy Lacam, La fin de l’Empire romain et le monnayage d’or en Italie 455-493, 2 volumes, Lucerne, 1983, ces solidi, répertoriés et minutieusement classés, sont identifiables et identifiés et retrouvent ainsi leur provenance. Mais malheureusement pour notre exemplaire, cela ne semble pas le cas, bien qu’il soit lié par les coins au prestigieux exemplaire de la BnF à Paris. Marie BRILLANT & Laurent SCHMITT ANTHÈME ET LÉON IER : QUAND OCCIDENT ET ORIENT SE RENCONTRENT !

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