Bulletin Numismatique 261

Bulletin Numismatique n°261 30 CARIE – ÎLES DE CARIE – RHODES (70-60 avant J.-C.) Rhodes, capitale fédérale, fut fondée en 408 avant J.-C., date du début du monnayage. Rhodes fut assiégée par Démétrius Poliorcète en 305 avant J.-C. Ce fut un échec. Les Rhodiens remercièrent le dieu protecteur en lui élevant une statue à l’entrée du port. Charès de Lindos construisit le Colosse de Rhodes entre 292 et 284 avant J.-C. C’était l’une des sept merveilles du monde. Haut de 33 mètres, il fut détruit par un tremblement de terre en 226 avant J.-C. Un oracle interdit aux Rhodiens de le reconstruire. bgr_1079750 Tétradrachme SUP 600€/1200€ bgr_1093071 Didrachme SUP 450€/750€ La thalassocratie rhodienne possédait sur les côtes d’Asie un territoire sur lequel s’étendait son pouvoir (la Pérée). Rhodes fut très tôt une alliée pour les Romains et les Attalides contre les visées expansionnistes des Antigonides, des Lagides et des Séleucides. Elle apporta un soutien naval à Rome lors de la deuxième guerre de Macédoine contre Philippe V. Il en fut de même dans la lutte qui opposa les Romains et Antiochus III. Avec la paix d’Apamée en 188 avant J.-C., Rhodes recouvrit son indépendance et accrut ses territoires continentaux en Carie et en Lycie. L’île connut alors vingt ans de prospérité. Mais les choix malheureux des Rhodiens lors de la troisième guerre de Macédoine contre Persée (171-168 avant J.-C.) leur firent perdre la plus grande partie de leurs acquisitions de la Paix d’Apamée. La flotte rhodienne avait soutenu le roi macédonien. Les Romains déclarèrent Délos, cité et port libre afin de concurrencer Rhodes ce qui mit un coup d’arrêt à l’expansion et aux activités commerciales des Rhodiens. En 88 avant J.-C. après le massacre de 80 000 Romains et Italiens en Asie Mineure, Mithridate VI, roi du Pont assiégea Rhodes, sans succès. Rhodes resta importante pendant la période romaine, mais ne retrouva jamais le rôle joué à la période hellénistique. Trihémidrachme, îles de Carie, Rhodes, 70-60 avant J.-C., magistrat : Aineas (Ar, 4,06 g, 19,50 mm, 6 h) étalon cistophorique, poids théorique : 4,69 g, 1,5 drachmes ou 18 oboles A/ Anépigraphe Tête radiée d’Hélios de trois-quarts de face à droite. R/ Ρ-O/ AINEAΣ (de Rhodes/ Aineas). Rose en bouton, vue de face sur sa tige vue à gauche, épi de blé couché à droite sous la rose ; grènetis. Coll. Pozzi 2720 – SNG Lockett – EKC - HGCS 6/ 1456 R. H. J. Ashton, A.-P. C. Weiss, Post-Plinthophoric Drachms of Rhodes, NC. 157, 1997, p. 1-40, pl. 1-16, p. 9, n° 164 var., pl. 7 (A/ 41 – R/ -) (2 ex.) Superbe monnaie, centrée des deux côtés. Très beau portrait d’Hélios ainsi qu’un magnifique revers, finement détaillé. Patine grise. Rare. SPL 500€/ 950€ Au revers, l’épi de blé sous la rose est tourné à droite. Pour le nom du magistrat, AINEAS, le E est ouvert sans barre au milieu. Cette combinaison avec le coin de droit (A/ 41) ne semble pas avoir été recensée pour le revers où les exemplaires photographiés présentent tous un épi de blé tourné à gauche. Pour ce type, nous avons deux variantes au revers avec l’épi de blé tourné à droite ou à gauche, selon les cas. Au revers la rose constitue le symbole éponyme de la capitale fédérale fondée en 408 avant J.-C., qui se dit en grec rhodos. Notre pièce pourrait bien être une drachme de poids attique léger plutôt qu’un trihémidrachme d’étalon rhodien ce qui constitue une divisionnaire rare dans ce monnayage. Plus de 40 variétés ont été répertoriées. Au total les auteurs de l’étude ont recensé 427 monnaies avec 120 coins de droit, 343 coins de revers et 351 combinaisons ce qui en fait une série importante, mais qui reste en réalité rare. Pour ce magistrat A(Aineas), nous avons dix-neuf combinaisons avec huit coins de droit et dix-neuf coins de revers pour un total de vingt-trois exemplaires. Si notre coin de droit semble bien identifié (A/ 41) lequel est lié aux coins de revers (R/ 162 à 164) pour un total de quatre exemplaires, notre coin de revers ne semble pas avoir été isolé. Encore une fois, grâce à une monographie consacrée à ce monnayage (NC 1997), nous pouvons nous livrer à une étude précise afin de restituer l’importance de cette émission après les guerres mithridatiques et l’intégration définitive dans l’Empire romain. Marie BRILLANT et Laurent SCHMITT RHODES, C’EST LA ROSE !

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