Bulletin Numismatique n°261 19 Dans la prochaine Live Auction du 3 mars 2026, nous retrouvons encore une fois un très bel ensemble de monnaies appartenant à un collectionneur que nous avons déjà rencontré plusieurs fois dans les colonnes du Bulletin Numismatique (BN 253, p. 25, sceaux byzantins ; BN 234, p. 23-25, monnaies gréco-romaines d’Alexandrie ; BN 235, p. 32-33, monnaies des Lagides d’Égypte ; BN 246, p. 26-27, monnaies de Phénicie). Cette fois-ci, ce sont pas moins de seize monnaies qui vous sont proposées dont la très grande majorité vient de Phénicie. Mais plus étonnant dans cet ensemble, c’est que quatorze monnaies sont au type d’Alexandre le Grand avec la tête d’Héraclès au droit, imberbe coiffée de la léonté (dépouille du lion de Némée) à droite et au revers avec le Zeus aétophore, trônant à gauche, tenant un aigle de la main droite tendue et un sceptre long de la main gauche. Sur cet ensemble, treize sont au nom d’Alexandre III le Grand (336-323 avant J.-C.) et 2 au nom de son demi-frère Philippe III Arrhidée (323317 avant J.-C.). Sur ces quatorze monnaies nous avons onze tétradrachmes, une drachme et deux hémidrachmes. Pour ce type de monnaies, les divisionnaires, les hémidrachmes en particulier sont parfois plus rares que les drachmes. Sur cet ensemble, nous trouvons, une drachme d’Abydos en Troade, un tétradrachme de Citium frappé à Chypre et un tétradrachme de l’atelier de Damas en Syrie. Toutes les autres pièces ont été frappées en Phénicie, à Aké-Ptolémais, Arados, Byblos, Marathos, Sidon ou Tyr. Si plusieurs monnaies ont été frappées du vivant d’Alexandre III le Grand, plusieurs d’entre elles, bien que portant le nom du conquérant macédonien sont posthumes, fabriquées par le Diadoque, Antigone Monophtalmos (le Borgne) ou son fils Démétrius Poliorcète (le preneur de villes). L’ensemble de ces monnaies sont placées dans une fourchette chronologique très courte entre 325 et 306/5 avant J.-C., avant que les successeurs d’Alexandre ne prennent le titre de Basileos (roi). Pour couronner le tout, un statère d’or au type d’Athéna coiffée du casque corinthien à droite et avec la Niké (Victoire) debout à gauche, tenant une couronne de la main droite et la stylis (symbole naval) de la main gauche de l’atelier de Sidon vient compléter cet exceptionnel lot. C’est un ensemble tout à fait inhabituel, auquel s’ajoute un tétradrachme macédonien au nom de Philippe II de Macédoine frappé à Amphipolis entre 323 et 315 avant J.-C., pour Philippe III Arridhée. Si cet ensemble peut sembler hétérogène au départ, il obéit en fait à un choix et à une sélection réfléchie. Ils appartiennent tous à un même collectionneur que vous connaissez bien maintenant, André Ronde. Est-il besoin de rappeler qu’il a commencé sa collection à l’âge de treize ans ? Passionné d’histoire, il a rassemblé, au cours de son existence, une collection de monnaies, singulières. Acquises patiemment avec une volonté inébranlable de réunir une collection cohérente et éclectique à la fois, il a su trouver les exemplaires qui avaient un sens, se répondaient les uns les autres et enrichissaient le tout. Il est venu pour lui, maintenant, le temps de vous permettre à votre tour de débuter ou de continuer l’œuvre entreprise en acquérant une ou plusieurs de ces pièces qui ont déjà une histoire, un « pedigree » et qui seront à l’origine de la construction de la vôtre. Marie BRILLANT & Laurent SCHMITT COLLECTION RONDE : PHÉNICIE AUSSI !
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