Bulletin Numismatique 261

Bulletin Numismatique n°261 11 nastie des Sévères sont marquées par des conflits et des batailles, de longues périodes de paix armée viennent s’interposer. Mais finalement, ce n’est pas sous les coups de Rome que la dynastie Arsacide s’efface et disparaît, mais devant les conflits internes et la désagrégation du Royaume qui laisse Ardashir, fils de Sassan s’emparer du pouvoir déliquescent et qui va s’avérer pour Rome un ennemi bien plus coriace. Si le conflit entre Rome et les Parthes est d’abord militaire, ce sont aussi des buts commerciaux qui entretiennent la rivalité entre les deux puissances pour que les Parthes conservent le contrôle des routes caravanières au travers des déserts syriens jusqu’au plateau iranien et aux routes de la soie qui vont jusqu’en Chine en passant par les cols de la chaîne Himalayenne. C’est aussi l’objet du cinquième chapitre qui aborde cet aspect au travers du commerce de luxe qui aurait entraîné un déficit de la balance extérieure du commerce romain au travers des grandes cités caravanières que sont Pétra, Palmyre ou les postes de passage entre le Tigre et l’Euphrate que sont Doura Europos et Hatra (p. 60-71). Un sixième chapitre aborde les excroissances du Royaume parthe avec des principautés indépendantes au sein de l’Empire que sont la Perside, la Characène ou l’Elymaïde (p. 72-85). Le septième et dernier chapitre qui referme l’ouvrage, dans un épilogue sans surprise, évoque la disparition et la dislocation de l’empire parthe qui néanmoins survit dans ses structures dans l’Empire sassanide, voué à une grande destinée et qui reprend à son profit l’héritage Parthe en faisant trembler Rome au cours des IIIe et IVe siècles puis Byzance aux deux siècles suivants avant de disparaître à son tour soudainement et brutalement emporté par l’émergence d’une nouvelle puissance politique et religieuse, le califat omeyyade qui balaie en moins de vingt ans les restes de la civilisation iranienne vieille de plus de deux mille ans (p. 86-95). Un bel appareil de notes vient éclairer l’ouvrage, complété par les appendices que nous avons déjà évoqués pour le premier pour les souverains Arsacides et auquel répond, plus succinct le second, réservé aux empereurs romains de la période entre Auguste et Sévère Alexandre. Une copieuse bibliographie avec les sources vient compléter l’ouvrage et permettra au lecteur d’approfondir ses connaissances (p. 103-115). Vous avez avec ce petit livre sans prétention une porte d’entrée sur un monde riche et fascinant aux portes de l’Orient et qui hier comme aujourd’hui ne peut que susciter notre intérêt et notre regard à l’aune des événements récents et en cours. Laurent COMPAROT et Laurent SCHMITT LE COIN DU LIBRAIRE, RIVALLING ROME Retrouvez plus de référence de 700 livres sur Cgb.fr

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