Bulletin Numismatique n°261 10 Vesta Sarkhosh, Curtis & Alexandra Magub, Rivalling Rome. Parthian Coins & Culture, Bristish Museum/ Spink, London 2020, 120 pages, nombreuses illustrations couleur dans le texte. Code : Lr 126. Prix : 25€. Ce petit ouvrage est publié conjointement par le British Museum et la maison Spink (créée en 1644) à l’occasion d’une exposition temporaire du grand musée britannique qui s’est tenue du 2 avril au 6 septembre 2020. Ce n’est donc pas un ouvrage récent et pourtant, il est d’actualité, au moment où cette région est à nouveau secouée par les remous de l’histoire. Il met en lumière l’ascension au pouvoir des Parthes (248 avant J.-C. – 224 après J.-C.), royaume qui grignota progressivement le Royaume Séleucide (312-63 avant J.-C.) avant de prendre sa place. Il est aussi marqué par le long conflit avec Rome à partir de Crassus et la défaite de Carrhes (9 juin 53 avant J.-C.) et qui dépasse même la durée du Royaume Parthe puisque ce conflit persista sous la dynastie Sassanide (224651) et se continua avec Byzance. Il fallut l’invasion arabe liée à la naissance de l’Islam pour que cette confrontation s’éteigne sous cette forme pour se rallumer sous d’autres qui durent encore aujourd’hui. C’est aussi le moyen d’appréhender la culture et la religion de l’Empire Parthe au travers des pièces de monnaie de cette période. En moins de 120 pages, les trois auteurs font le tour de la question et l’ouvrage qui accompagne l’exposition apporte des réponses que peut se poser le profane. « Cent ans après la conquête de l'Empire perse (Achéménides, 559-333 avant J.-C.) par Alexandre de Macédoine, une nouvelle dynastie iranienne voit le jour et, en 140 avant J.-C., étend son règne à l’ouest de l’Iran et à la Mésopotamie. Les Parthes arsacides, célèbres pour leurs talents d’équitation et de tir à l’arc, deviennent les ennemis les plus dangereux de Rome à l’est de l’Euphrate. Les rencontres entre les généraux romains et les envoyés parthes sont décrites de manière vivante dans les récits classiques, qui sont toutefois biaisés, et malheureusement, aucune source de ce type n’est disponible du côté parthe. La source primaire la plus importante est ici la monnaie de la période allant de 248 av. J.-C. à 224 après. J.-C. Ces pièces révèlent des informations importantes sur le développement de l’État parthe, son expansion et le rôle du roi qui, en 111 av. J.-C., avait adopté l’ancien titre perse de roi des rois. L’ingérence de Rome dans la région commence sous le règne de Mithridate II et culmine avec la défaite dévastatrice de l’armée romaine commandée par le général Crassus lors de la bataille de Carrhes en 53 av. J.-C. Au cours des 300 années suivantes, ces deux superpuissances se disputent le contrôle territorial de la région, en particulier de la Mésopotamie et de l’Arménie. » C’est dans ce contexte que débute notre pérégrination au cours d’une introduction, de sept chapitres de deux appendices et d’une bibliographie assez complète sur le sujet. L’ouvrage s’ouvre sur la table des matières et les remerciements non numérotés, le tout précédant l’introduction (p. 1-2). Ce petit opuscule contient un nombre important d’illustrations, tant en couleur qu’en noir et blanc, dont on retrouve les crédits à la fin du livre (p. 116-117). Ils sont d’autant plus nombreux que souvent ils servent de preuve aux propos des auteurs et en éclairent la démonstration. L’introduction permet de définir le cadre géographique et historique, mais il faudra aller chercher la carte de l’empire parthe à la page 96. Les chapitres sont courts et ramassés, en revanche largement illustrés par les monnaies qui représentent plus de 50 % de l’iconographie. Le premier chapitre (p.3-12) est un rappel afin d’évoquer l’émergence des Parthes qui font irruption sur le plateau iranien en plein cœur du IIIe siècle avant J.-C. avec le créateur du royaume, Arsaces Ier (238-211 avant J.-C. Vous trouverez l’ensemble des souverains Arsacides aux pages 97-99 dans le premier appendice. C’est aussi un moyen d’évoquer leur prise de pouvoir avec les précurseurs comme Andragoras Ier et la montée de la puissance Parthe qui culmine avec Mithradates II (122/1 -91 avant J.- C.). Le second chapitre balance entre les influences grecques hellénistiques et les traditions iraniennes multiséculaires (p. 13-24). Un troisième chapitre aborde la religion (p. 25-40). Le quatrième chapitre plonge dans le cœur du problème autour de la confrontation entre Rome et les Parthes à partir de la conquête de la Syrie par Pompée en 63 avant J.-C. et qui va se perpétuer jusqu’à la fin de la dynastie Arsacide (p. 41-59). Les différentes guerres qui vont opposer les Romains et les Parthes vont mener les premiers au cœur du Royaume plusieurs fois, s’emparant jusqu’aux capitales du royaume, Séleucie du Tigre ou Ctésiphon sous Trajan, Marc Aurèle et Lucius Vérus et Septime Sévère au cours de guerres parthiques aux destinées parfois contradictoires et controversées, Rome n’oubliant jamais la défaite de Carrhes et les aigles prises, seulement restituées à Auguste par traité, trois décennies plus tard. Si ces trois siècles de la fin de la République à la fin de la dyLE COIN DU LIBRAIRE, RIVALLING ROME
RkJQdWJsaXNoZXIy MzEzOTE=