260 Bulletin Numismatique Février 2026 En France comme à l’étranger, les salons restent des temps forts pour notre métier. Ils permettent la rencontre directe avec les collectionneurs, acheteurs comme déposants, des échanges approfondis autour des pièces, ainsi que le partage d’une passion, aguerrie ou naissante. Malgré la digitalisation croissante du marché, ces moments de contact demeurent irremplaçables pour établir une relation de confiance durable entre le collectionneur et le marchand. Ce début d’année s’inscrit également dans un contexte de hausse marquée des métaux précieux. L’or comme l’argent poursuivent leur progression fulgurante, influençant les comportements et remettant la numismatique au premier plan. Nous constatons une attention accrue portée aux pièces et lingots d’investissement, tant à l’achat qu’à la vente, dans une logique de protection du capital, de diversification ou de rééquilibrage patrimonial. Il n’est d’ailleurs pas rare qu’un acheteur de métal précieux découvre, à cette occasion, la numismatique et se prenne au jeu de la collection, en mêlant les deux approches. Cette dynamique renforce encore l’attrait de la numismatique. Dans ce contexte, CGB fait le choix de ne proposer que des produits effectivement disponibles en stock. Ce principe simple garantit des opérations claires, des délais maîtrisés et l’absence de mauvaise surprise dans un marché où la tension sur les métaux est palpable au quotidien. L’année qui s’ouvre s’annonce exigeante et stimulante. Entre la reprise des salons, l’évolution des marchés des métaux et une demande toujours soutenue, notre priorité demeure inchangée : accompagner chaque projet avec rigueur, clarté et engagement. En ce début d’année, je vous adresse, au nom de toute l’équipe, mes meilleurs vœux. Que 2026 soit une année de projets aboutis, de collections cohérentes et de rencontres enrichissantes. Nous sommes heureux de la commencer à vos côtés et vous remercions pour votre confiance renouvelée. Joël CORNU Joël CORNU - HERITAGE - la Séna - ADF - Laurent SCHMITT - Laurent COMPAROT Marie BRILLANT - Viviane BÉCLIN - Olivier GUYONNET - The PORTABLE ANTIQUITIES SCHEME - Arnaud CLAIRAND - Jacques VIGOUROUX - Rudy COQUET - Julien DEBOUCQ - Christian FOUET - Stack’s Bowers - Xavier BOURBON - Franck PERRIN - Pauline BRILLANT - Laurent BONNEAU - PCGS Europe - Christian CHARLET - Yves BLOT 3 PANNEAU D’AFFICHAGE 4-6 DÉPOSER / VENDRE AVEC CGB NUMISMATIQUE PARIS 7 ACTUALITÉS DE LA SÉNA 8 LES BOURSES 9 LES ÉVÈNEMENTS NUMISMATIQUES AUXQUELS CGB NUMISMATIQUE PARTICIPE 10 LE COIN DU LIBRAIRE, TRAIANO E LA GUERRA PARTICA NELLE FONTI NUMISMATICHE 12-13 QUAND LYSIMAQUE ÉTAIT ROI DE MACÉDOINE 14 ALEXANDRE À ALEXANDRIE ! 15 TÉTRADRACHME DE COS : CHERCHEZ LA PETITE BÊTE AVEC ALCIMACHOS ! 16 UNIQUE CINQUIÈME DE TÉTRADRACHME D’ANTIGONE LE BORGNE À BABYLONE ÉNIGMATIQUE 17 STATÈRE SIGNÉ PHILISTION À VÉLIA 18 BYZANCE FRAPPE POUR LYSIMAQUE ET APRÈS ! 19 PÉGASE VOLE POUR CORINTHE 20 POURQUOI DÉMÉTRIUS II NICATOR EST-IL BARBU LORS DE SON DEUXIÈME RÈGNE ? 21 AJAX AU REVERS DU STATÈRE D’OPONTE : MAIS LEQUEL ? 22 SYRACUSE : QUAND LE MYTHE D’ARÉTHUSE DEVIENT RÉALITÉ 23 AULERQUES ÉBUROVICES, HÉMISTATÈRE AU SANGLIER : CHERCHEZ LA SWASTIKA ! 24 LÉMOVICES, STATÈRE D’ÉLECTRUM À LA GRUE : DEUX POUR LE PRIX D’UNE ! 25 DEUX STATÈRES DES BAÏOCASSES QUI NE FONT PAS TAPISSERIE 26-31 SEPTIME SÉVÈRE : ÉMISSIONS ET EMPLACEMENT DE L’ATELIER DIT « D’EMÈSE » 32 SESTERCE DE DOMITIEN : APRÈS LES JEUX SÉCULAIRES 33 TOUT EST DANS LE BOUCLIER SUR CE SOLIDUS D’ARCADIUS ! 34 ÉPHÉMÈRE SOLIDUS DE LÉON II ET DE ZÉNON 35 DIADUMÉNIEN : CÉSAR PUIS AUGUSTE DE MACRIN 36 ANTONIN LE PIEUX ET AEQUITAS : L’ÉQUILIBRE DE LA « PAX ROMANA » 37 LA COLOMBE DE VÉNUS POUR FAUSTINE JEUNE 38-39 TIBÈRE CONTRE TIBÈRE : L’ORIGINAL ET SA RESTITUTION ! 40 MARC AURÈLE : DE L’ARMÉNIE À LA VICTOIRE PARTHIQUE 41 MÉDAILLON DE COMMODE ET DE « MARCIA » : USÉ OU DE LA « DAMNATIO MEMORIÆ » À « L’ABOLITIO MEMORIÆ » 42 DRACHME D’ANTINOÜS POUR ALEXANDRIE : LE RETOUR AUX SOURCES ! 43 RARISSIME À ROME ET POURTANT ANNIA FAUSTINA À ALEXANDRIE ! 44 HISTAMENON NOMISMA DE CONSTANTIN VIII : ENFIN SEUL ! 45 BASILE II & CONSTANTIN VIIII : EMPIRE BICÉPHALE POUR UN MILIARESION 46 INTERNET AUCTION DU 10 FÉVRIER 2026 : ANTIQUES, C’EST PARTI ! 47 LA CHRONIQUE DES ADR 48-49 UN ÉCU D’OR INÉDIT D’HENRI IV FRAPPÉ EN 1590 À BORDEAUX (K) 50-51 MONNAIES ROYALES INÉDITES 52 DU NOUVEAU À TURIN : 1 FRANC 1807 U 53 LA DERNIÈRE PIÈCE EN OR DE L’ATELIER DE MARSEILLE ! 54-55 ESSAI 1 FRANC FRANCISQUE 1942 : C’EST DU TROP LOURD ! 56 CHARLES X, 40 FRANCS OR 1830 A – PARIS, TRANCHE EN RELIEF : PIÈCE NORMALE OU ESSAI ? 58-61 LA DERNIÈRE VENTE MARGOLIS 62-63 FERDINAND VI OU CHARLES III À POPAYAN : ET POURQUOI PAS LES DEUX ! 64 CHARLES IER AVEC BRIOT ! 65 QUAND MAURICE ÉTAIT ENCORE FRANÇAISE ! 66 CHARLES ALBERT & LA SARDAIGNE : 5 LIRE 1838 TURIN 67 NEWS DE PCGS EUROPE 68-69 AUTRES RARES MONNAIES VENDUES À MONACO À L’AUTOMNE 2025 70-71 1ER JANVIER 2026 : LA BULGARIE REJOINT LE CLUB EURO 72-73 PERSPECTIVES À VENIR DE LA NUMISMATIQUE FRANÇAISE 73 LE MUSÉE DES TIMBRES ET DES MONNAIES DE MONACO FÊTE SES TRENTE ANS 74 LA HAUSSE DE L’OR ET DE L’ARGENT, CE QUE CELA SIGNIFIE ! 76 NOS ÉDITIONS Pour recevoir par courriel le nouveau Bulletin Numismatique, inscrivez votre adresse électronique à : http://www.cgb.fr/bn/inscription_bn.html. Vous pouvez aussi demander à un ami de vous l’imprimer à partir d’internet. Tous les numéros précédents sont en ligne sur le site cgb.fr et peuvent être téléchargés à http://www.cgb.fr/bn/ancienbn.html. L’intégralité des informations et des images antérieures contenues dans les BN est strictement réservée et interdite de reproduction mais la duplication d’un BN dans sa totalité est possible et recommandée. SOMMAIRE ÉDITO CE BULLETIN A ÉTÉ RÉDIGÉ AVEC L’AIDE DE : Éditeur : cgb.fr ▪ 36 rue Vivienne 75002 Paris ▪ Directeur de la Publication : Joël CORNU Infographie : Emilie TEULIERE - Eric PRIGNAC • Hébergement : OVH ▪ 2 rue Kellermann 59100 Roubaix Ne peut être vendu ▪ ISSN : 1769-7034 ▪ Version pdf ▪ contact : presse@cgb.fr
Bulletin Numismatique n°260 3 PANNEAU D’AFFICHAGE LES VENTES À VENIR DE CGB.FR Cgb.fr propose désormais sur son site un agenda des toutes prochaines ventes. Grâce à cette nouvelle page, collectionneurs et professionnels pourront s'organiser à l'avance afin d'ajuster les dépôts aux différentes ventes prévues. Vous trouverez dans l'onglet LIVE AUCTION, deux agendas. Le premier destiné aux ventes MONNAIES, le second aux ventes BILLETS. http://www.cgb.fr/live_auctions.html Accès direct aux prochaines ventes MONNAIES: Accès direct aux prochaines ventes BILLETS : ESSENTIEL ! ! ! Sur chaque fiche des archives et de la boutique, vous trouvez la mention : Malgré le soin que nous y apportons, nous savons que sur 1 012 913 fiches, quelques erreurs et fautes de frappe se sont inévitablement glissées ici et là. Votre aide nous est précieuse pour les débusquer et les corriger. Alors n’hésitez pas à nous les signaler lorsque vous en apercevez une au fil de vos lectures. Votre contribution améliore la qualité du site, qui est aussi votre site. Tous les utilisateurs vous remercient par avance de votre participation ! LE FRANC LES ESSAIS, LES ARCHIVES NAPOLÉON IER (1803-1815) 59€
Bulletin Numismatique n°260 4 DÉPOSER / VENDRE AVEC CGB NUMISMATIQUE PARIS LES DIFFÉRENTS DÉPARTEMENTS NUMISMATIQUES Joël CORNU P.D.G de CGB Numismatique Paris j.cornu@cgb.fr Marie BRILLANT Département antiques marie@cgb.fr Viviane BÉCLIN Département antiques viviane@cgb.fr Alice JUILLARD Département médailles alice@cgb.fr Arnaud CLAIRAND Département royales françaises clairand@cgb.fr Ophélie LE DEZ Département royales françaises ophelie@cgb.fr Benoît BROCHET Département modernes françaises benoit@cgb.fr Laurent VOITEL Département modernes françaises laurent.voitel@cgb.fr Maureen CHLOUS Responsable de l’organisation des ventes. Département modernes françaises maureen@cgb.fr Pauline BRILLANT Département monnaies du monde et euros pauline@cgb.fr Laurent COMPAROT Département monnaies du monde et des anciennes colonies françaises laurent.comparot@cgb.fr Jean-Marc DESSAL Responsable du département billets jm.dessal@cgb.fr Fabienne RAMOS Département billets - Organisation des ventes et des catalogues à prix marqués fabienne@cgb.fr Eduard KOCHAROV Département billets eduard@cgb.fr C'est décidé, vous vendez ou vous vous séparez de votre collection ou de celle de votre grand-oncle ou arrièregrand-père ! L'équipe de spécialistes de CGB Numismatique Paris est à votre service pour vous accompagner et faciliter vos démarches. Installée rue Vivienne à Paris depuis 1988, l'équipe de CGB Numismatique Paris est spécialisée dans la vente des monnaies, médailles, jetons et billets de collection de toutes périodes historiques et zones géographiques. Deux solutions vous seront alors proposées par notre équipe : l'achat direct ou le dépôt-vente. Les cas des ensembles complets, trésors et découvertes fortuites sont, eux, traités à part. Concernant les trésors, consultez la section du site www.Cgb.fr qui y est consacrée : http://www.cgb.fr/tresors.html. PRISE DE RENDEZ-VOUS Vous souhaitez déposer/vendre des monnaies, médailles, jetons et billets ? Rien de plus simple. Il vous suffit de prendre contact avec l'un de nos numismates : • par courriel (contact@cgb.fr) en joignant si possible à votre envoi une liste non exhaustive de vos monnaies, médailles, jetons, billets ainsi que quelques photos/scans représentatifs de votre collection. • en prenant rendez-vous par téléphone au 01 40 26 42 97. Nous vous conseillons vivement de prendre rendez-vous avant de vous déplacer en notre comptoir Parisien (situé au 36 rue Vivienne dans le 2e arrondissement de Paris) avec le ou les numismates en charge de la période de votre collection. • en venant à notre rencontre lors des salons numismatiques auxquels les spécialistes de CGB Numismatique Paris participent. La liste complète de ces événements est disponible ici : http://www.cgb.fr/salons_numismatiques.html. Dans des cas très spécifiques, nous sommes susceptibles de nous déplacer directement auprès des particuliers ou professionnels afin d'effectuer l'inventaire de leur collection. DÉPÔT-VENTE CGB Numismatique Paris met à la disposition des personnes qui souhaiteraient déposer leurs monnaies, médailles, jetons et billets trois solutions de vente différentes : • à prix fixe sur les différentes boutiques en ligne du site www.cgb.fr avec possibilité d’intégration dans un catalogue papier de vente à prix marqués. Seuil minimum de valeur des monnaies, médailles, jetons et billets : 150 € par article. • en INTERNET AUCTION pour les monnaies, médailles, jetons et billets de valeur intermédiaire. Durée de la vente trois semaines, uniquement sur internet (www.cgb.fr), avec une clôture Live (ordres en direct le jour de la clôture de la vente à partir de 14h00). Valeur minimale des monnaies, médailles, jetons et billets mis en vente : 250 €. • en LIVE AUCTION. Vente sur internet (www.cgb.fr) avec support d’un catalogue papier, s’étalant sur quatre semaines et clôturant par une phase finale dynamique, la Live (ordres en direct le jour de la clôture de la vente à partir de 14h00). Vente réservée aux monnaies, médailles, jetons et billets estimés à 500 € minimum. Les monnaies, médailles, jetons font l'objet d'un catalogue spécifique, de même pour les billets de collection.
Bulletin Numismatique n°260 5 DÉPOSER / VENDRE AVEC CGB NUMISMATIQUE PARIS UNE GESTION PERSONNALISÉE ET SÉCURISÉE TRANSPARENCE ACCESSIBILITÉ SÉCURITÉ GARANTIE 100% FIABILITÉ 0FRAIS DEMANDÉS LORS DE LA MISE EN VENTE RÈGLEMENT PAR VIREMENT BANCAIRE UNE EXPOSITION OPTIMALE DES OBJETS MIS EN VENTE • Ventes (e-auctions hebdomadaires, Internet Auction et Live Auction) en ligne sur les plates-formes de vente internationales : Numisbids, Sixbid. • Valorisation de vos monnaies, médailles, jetons et billets sur notre site internet www.cgb.fr auprès de la communauté des collectionneurs via les mailing listes (newsletters) envoyées quotidiennement. • Accès à une clientèle de collectionneurs au niveau mondial : site Cgb.fr accessible en sept langues (français, anglais, allemand, espagnol, italien, russe et chinois), catalogues à prix marqués et ventes Live Auction traduits en anglais, présence de CGB Numismatique Paris lors des plus grands salons internationaux (Berlin, Kuala Lumpur, Hong Kong, Maastricht, Moscou, Munich, New York, Paris, Tokyo…). • Consultation des monnaies, billets, jetons et médailles disponibles sans limite de temps dans les archives de CGB Numismatique Paris et sur les sites de référencement de vente comme AcSearch. CGB ÉTAIT PRÉSENT À
Bulletin Numismatique n°260 6 DÉPOSER / VENDRE AVEC CGB NUMISMATIQUE PARIS CALENDRIER DES VENTES 2025-2026 VENTES INTERNET AUCTION ET LIVE AUCTION MONNAIES (Antiques, Féodales, Royales, Modernes françaises, Monde, Jetons, Médailles) Internet Auction février 2026 DÉPÔTS CLÔTURÉS Date de clôture : mardi 10 février 2026 à partir de 14:00 (Paris) Live Auction mars 2026 (avec support de catalogue papier) DÉPÔTS CLÔTURÉS Date de clôture : mardi 03 mars 2026 à partir de 14:00 (Paris) Internet Auction avril 2026 Date limite des dépôts : mardi 17 mars 2026 Date de clôture : mardi 14 avril 2026 à partir de 14:00 (Paris) Internet Auction mai 2026 Date limite des dépôts : mardi 14 avril 2026 Date de clôture : mardi 12 mai 2026 à partir de 14:00 (Paris) VENTES INTERNET AUCTION ET LIVE AUCTION PAPIER-MONNAIE (Billets France, Monde, Anciennes Colonies françaises et Dom-Tom) Internet Auction février 2026 DÉPÔTS CLÔTURÉS Date de clôture : mardi 17 février 2026 à partir de 14:00 (Paris) Internet Auction mars 2026 Date limite des dépôts : mardi 24 février 2026 Date de clôture : mardi 24 mars 2026 à partir de 14:00 (Paris) Live Auction avril 2026 (avec support de catalogue papier) Date limite des dépôts : vendredi 30 janvier 2026 Date de clôture : mardi 21 avril 2026 à partir de 14:00 (Paris) Internet Auction mai 2026 Date limite des dépôts : mardi 28 avril 2026 Date de clôture : mercredi 27 mai 2026 à partir de 14:00 (Paris)
Bulletin Numismatique n°260 7 1. La SÉNA vous invite à assister à la conférence de Jean-François Delamarre, membre de la Paris Art Déco Society et président de l’association Les Amis de l’atelier Raymond Delamarre, sur le sculpteur et médailleur Raymond Delamarre, son père, le mercredi 4 février à 18h30 à la Monnaie de Paris, 11 quai de Conti, 75006 Paris (salle du Conseil et visioconférence) : Sculpteur et médailleur, 1er Grand Prix de Rome, Raymond DELAMARRE (Paris, 1890-1986) exprima son art par de très grandes figures mais aussi par quelque 180 médailles ou jetons et par quelque 25 plaquettes. Frappées ou fondues, celles-ci sont dédiées à des thèmes historiques ou culturels, à des inaugurations ou à des commémorations, à des hommages personnalisés ou professionnels. Ce sont autant de témoignages pérennes, magnifiés par le talent de cet artiste qui a aussi collaboré pendant de longues années avec la Monnaie de Paris. Cette communication sera exceptionnellement précédée par la diffusion de deux films qui ont été réalisés sur l’artiste pour donner à montrer toutes les facettes de son travail. Illustration : Persée et Andromède. 2. Assemblée générale : mercredi 4 mars à la Monnaie de Paris. 3. Le RTSÉNA n° 12 est paru : Du Trésor royal au salaire de la mine. Monnaies, monétaires et pouvoirs mérovingiens. Prix public port compris : 40 € France / 50 € hors France ; adhérents : 35 € / 45 €. 4. Présence de la SÉNA : 5e Salon Numismatique International d’Île-de-France – SNIIF - le dimanche 8 février 2026, de 8h30 à 16h, Gymnase Jules Ladoumegue, 56 avenue de Boissy 95150 TAVERNY. ACTUALITÉS DE LA SÉNA
Bulletin Numismatique n°260 8 LES BOURSES CALENDRIER DES ÉVÉNEMENTS FÉVRIER 1 Chevilly-la-Rue (94) (cp + tc) 45e Bourse, Gymnase Derichbourg, 44 rue de l’adjudant-chef Dericbourg (9h17h) (info : philippe.tailleferre@free.fr) 1 Gargas (84) (tc) 25e Salon toutes collections, Gymnase Jean-Paul Schmitt, rue du stade (8h30-17h30) (info : apg84@orange.fr) 1 Saint-Médard-en-Jalles (33), Week-end du collectionneur, Salle Louise Michel, Cauplan, rue Pierre Ramon (9h18h30) (info : 06 86 01 18 17) 1 Saint-Thibault-des-Vignes (77) (tc), 17e Salon des collectionneurs, Centre culturel Marc Brinon, 1 rue des Vergers (9h-18h) (info : 06 11 82 86 47) 4 Paris (75) Réunion de la SENA, Monnaie de Paris, (18h30-20h00) https://www.sena.fr/ (voir programme) 7 Paris (75) Réunion de la SFN (14h à 17h) (http://www. sfnumismatique.org/actualites/seance-ordinaire-du-1-fevrier (voir programme) 7 Londres (GB) (N), London Coin Fair, Novotel London West, One Shortlands, Hammersmith London W6 8DR (10h-16h, entrée : 3 & 5 £) (info : www.coinfairs.co.uk) 7 Bagnolet (93) (B), AFEP, 43e Salon du Papier-monnaie, hôtel Novotel Paris est, 1 ave de la République (9h-16h30) (info : www.papier-monnaie.com) 7 Gretz-Armainvilliers (77) (tc), 33e Salon des collectionneurs, Maison de la culture et des loisirs, 27 avenue d’Armainvilliers (8h-16h30) (info : 06 74 23 19 28) 8 Taverny (95) (N), 5e Salon SNIF (salon numismatique d’IdF, CNA & CNT), Gymnase Jules Ladoumègue, 56 ave de Boissy (8h30-16h30) (info : tavernumis@hotmail.fr ou cna95@laposte.net) 8 Avion (62) (tc), 41e Forum des collectionneurs, Espace culturel Jean Ferrat, place des droits de l’enfant (9h-17h) (info : lamarianne.avion@orange.fr) 8 Frontignan (34) (tc), 26e Bourse des collectionneurs, Salle de l’Aire 8 Nieul-sur-Mer (tc), 19e Salon toutes collections, espace Michel Crépeau, rue Lauzière (entrée : 2€ ; 9h-18h) (info : brochet@yahoo.com) 8 Les Sables-d’Olonne (85) (tc) Bourse multicollections, Salle Audubon (9h-18h) (info : 02 51 96 88 80) 8 Saint-Denis-en-Val (45) (tc), 23e Salon multi-collection, Espace Pierre Lanson (9h-17h) (info : d_coudray@hotmail.fr) 8 Bâle (CH) (N), 53e Bourse numismatique de Bâle, Messeplatz 10 (entrée : 10CHF) 8 Birmingham (GB) ( N), Midland Coin Fair, National Motorcycle Museum, Bickenhill (10h-15h30, entrée : 3£) (info : https://www.coinfai31rs.co.uk/midland-coin-fair/) 14 Pessac (33) (tc), 67e Bourse multicollections, Salle de Bellegrave, ave du Colonel Robert Jacqui (9h-17h30) (info : apnp@laposte.net) 15 Ailly-sur-Noye (80) (tc), 23e Bourse toutes collections, Salle des Fêtes (8h30-16h30) (info : 06 13 02 57 17) 15 Béthoncourt (25) (tc), Bourse toutes collections, Salle des Fêtes, (8h30-14h) (info : 06 22 65 31 89) 15 Montgeron (91) (tc), 29e Bourse toutes collections, Salle polyvalente du Nouzet, 115 route de Corbeil (9h18h) (info : 06 33 85 04 45) 15 Montivilliers (76) (tc), 22e Bourse multi-collections, École Victor Hugo, place du Champ de Foire (entrée : 1€ ; 8h30-17h) (info : montivilliers.philatélie@gmail.com) 15 Rambouillet (78) (tc), 24e Salon des collectionneurs, Salle des Fêtes Patenôtre, 64, rue Gambetta (9h-17h30) (info : alain.jacques1@orange.fr) 15 Revel (31) (tc), 29e Bourse toutes collections, Salle Claude Nougaro, ave de Castries (8h30-17h30) (info : apr31dv@orange.fr) 15 Saint-Grégoire (35) (tc), Bourse multi-collections, Espace Clotilde Vautier, 3 rue de Brocéliande (9h-17h) (info : celinemetayer@yahoo.fr) 21 Esbly (77) (tc), Bourse Multi-collections, Espace JeanJacques Litzier, chemin des Auhnoyes, (9h-18h) (info : 06 08 05 12 48) 21 Paris (75) (N), ACJM, Bourse d’échanges, Maison des associations, 20 rue E. Pailleron, 75019 Paris (11h-14h) (info : acjm@orange.fr) 21 Saint-Sébastien-sur-Loire (44) (N) ANA, 34e salon Numismatique, L’Escall Rue des Berlaguts (9h17h) (info : ana44france@gmail.com) 21 Dresde (D) (N+Ph) Collectors’World Dresden, Salon des collectionneurs de monnaies, timbres et cartes postales (info : www.sammlerwelt-dresden.com) 21/22 Chamalières (63) (N+Ph), 51e salon de l’APNA, espace Simone Weil, avenue Valéry Giscard-d’Estaing 59, bld Berthelot 63000 Clermont-Ferrand (9h30-18h) (inf : lijepa@orange.fr) 22 Genas (69) (tc), Bourse-expo multi-collections, Salle Paul Pervangher, 2 rue de la Fraternité (9h-16h) (info : apgc69@yahoo.fr) 22 Liancourt (60) (tc), Salon toutes collections, Gymnase Lejeune, avenue Arago (8h-17h) (info : 06 40 30 86 38) 22 Pollestres (66) (N), ANR, 21e Bourse Numismatique, salle polyvalente Jordi Barre, ave Pablo Casals (9h0018h00) (info : anr66@yahoo.fr) 22 Strasbourg (67) (N), 49e Bourse numismatique, Pavillon Joséphine, Parc de l’Orangerie, ave de l’Europe (9h16h) (info : internumis@neuf.fr) 22 Wuppertal (D) (N) Bourse Numismatique, Historische Stadthalle Wuppertal Grosser Saal, Johannisberg 40 (9h-13h) (info : thiel.wuppetal@web.de) 28 Châteauroux (36) (tc), Bourse nationale multi-collections, salle Barbillat-Touraine-Belle-Isle (9h-17h) (info : www.club-philatelique-indre.fr)
Bulletin Numismatique n°260 9 Nous vous invitons à retrouver CGB lors de ces événements numismatiques Prenez rendez-vous dès à présent avec nous pour convenir d'un dépôt éventuel à l’adresse contact@cgb.fr LES ÉVÈNEMENTS NUMISMATIQUES AUXQUELS CGB NUMISMATIQUE PARTICIPE 07 février 2026 43e Salon du Papier-Monnaie AFEP (Bagnolet) Paris - Bagnolet France métropolitaine 08 février 2026 5e Salon Numismatique International d’Île-de-France (SNIIF) Taverny (95) France métropolitaine 21 février 2026 34e Salon Numismatique et Multi-collection de l’A.N.A. (Nantes) Saint-Sébastien-sur-Loire France métropolitaine 20 / 22 mars 2026 Singapore International Coin Fair Singapour Singapour 01 / 03 mai 2026 37e Tokyo International Coin Convention (TICC) Tokyo Japon 22 / 24 août 2026 Nagoya Coin Show - Japan Nagoya Japon
Bulletin Numismatique n°260 10 Fabio Pettaazzoni, Traiano e la Guerra Partica nelle fonti numismatiche, Edizioni D’Andrea, Bari, 2025, Broché, 17 x 24 cm, 64 p. nombreuses illustrations en couleur dans le texte. Code : lt 90. Prix : 20 €. Nous avons déjà eu l’occasion de vous présenter un livre sous la plume de Fabio Pettazzoni dans le premier Bulletin Numismatique de 2026 (BN 259, p. 10 avec son ouvrage : Symbols in Ancient Coins). Cette fois-ci, il nous livre une courte monographie en italien sur le monnayage de Trajan (98-117) et la guerre parthique. En réalité cet opuscule dépasse largement son titre et son sujet, et ses illustrations fort bien choisies et de grande qualité illustrent l’ensemble du règne de « l’Optimus ». N’ayez crainte, l’italien ne sera pas un obstacle pour la compréhension et l’appréhension du sujet. L’auteur dans sa « Presentazione » rappelle que ce règne fut riche en événements et en production monétaire avec pas moins de 379 recensées. L’ouvrage s’ouvre sur un rappel historique et les conditions dans lesquelles Trajan est arrivé au pouvoir après avoir été adopté par Nerva (96-98), le premier Auguste de la dynastie des Antonins (96-192). Brillant général, l’auteur évoque sa filiation et son parcours militaire avant l’accession au trône de cet Ibérique, né en 53 à Italica en Bétique (Espagne actuelle) comme son compatriote, familier et successeur, Hadrien (peut-être né à Rome) (p. 6-9). Dans un chapitre unique, Fabio s’intéresse aux prémices du conflit dont il rappelle les causes qui remontent à la fin de la République avec la défaite et la mort de Crassus à la bataille de Carrhes en juin 53 avant J.-C., puis la défaite des légats de Marc Antoine en 40 et 36 avant J.-C. face aux Parthes, enfin la récupération des enseignes par Auguste en 20 avant J.-C., sans combat. Faut-il rappeler que l’ensemble du règne de Trajan ne fut qu’une suite de guerres, de campagnes militaires et d’annexions de la Germanie au début du règne (97-98) en passant par les deux guerres Daciques (101-102 et 104-105), l’annexion de l’Arabie et enfin la guerre Parthique (115-117) sans oublier les révoltes à Alexandrie et en Judée. À sa mort en août 117, l’Empire connaît son acmé (p. 10-57). Cette très longue partie retrace en fait l’ensemble du règne qui le mène jusqu’en Orient, à la victoire et à la mort, aidé par une iconographie bien choisie, expliquée et détaillée. C’est aussi un moyen de rappeler les travaux édilitaires de l’Auguste à Rome avec la construction du Forum grâce à l’or des Daces et de l’érection de la colonne Trajane où son corps sera déposé après sa mort avant de rejoindre le mausolée d’Hadrien, toujours visible aujourd’hui à Rome. L’auteur rappelle que l’annexion de la province d’Arabie (le royaume Nabatéen de Pétra) fut une répétition générale à la campagne parthique afin de contrôler les flux des caravanes venues d’Orient qui terminaient leurs routes sur les bords de la Méditerranée et que les Parthes surveillaient jalousement (route de la Soie antique). Cette dernière campagne fut préparée avec soin et mena l’Auguste jusqu’au cœur de l’empire Parthe, jusqu’à Séleucie du Tigre et Ctésiphon, les capitales du royaume. Le monnayage de la fin du règne évoque les conquêtes et la Parthie soumise avec son roi désigné et les nouvelles provinces acquises dont la Mésopotamie qui sera abandonnée par son successeur. Une courte conclusion (p. 58-59) referme l’ouvrage avec un certain regret sur l’abandon des conquêtes et l’aspiration à l’Empire universel qui, si il restera une quête, ne sera plus jamais réalisé, même par Septime Sévère un siècle plus tard. Une brève bibliographie complète l’ouvrage (p. 60-61) où les références numismatiques sont absentes, ce qui est un peu dommage au regard des illustrations. C’est un petit ouvrage, sans prétention, à découvrir ! Laurent SCHMITT avec la collaboration de Laurent COMPAROT LE COIN DU LIBRAIRE, TRAIANO E LA GUERRA PARTICA NELLE FONTI NUMISMATICHE
contact@cgb.fr 36 rue Vivienne 75002 Paris FRANCE DÉPOSEZ VOS MONNAIES ET BILLETS AUPRÈS DE CGB NUMISMATIQUE PARIS
Bulletin Numismatique n°260 12 Après la mort de Cassandre en 297 avant J.-C., ses fils Antipater et Philippe V ne purent pas lutter contre Démétrius Poliorcète, aidé par Séleucus Ier Nicator qui parvint au tournant des années 290 à s’emparer finalement de la Macédoine. Démétrius avait repris Athènes en 295 avant J.-C. Il entreprit une reconquête systématique de la Grèce et s’installa sur le trône de Macédoine au détriment des fils de Cassandre. Démétrius, allié naturel de Pyrrhus, roi d’Épire, se brouilla avec celui-ci. Il se retrouva seul face à la Ligue étolienne et perdit finalement le trône de Macédoine au profit d’abord de Pyrrhus, puis de Lysimaque en 288 avant J.-C. Ce dernier le conserva jusqu’à sa mort à la bataille de Couroupedion en 281 avant J.-C., face au dernier survivant des Diadoques, Séleucus Ier Nicator. Séleucus ne profita pas longtemps de sa victoire, puisqu’il fut assassiné par Ptolémée Kéraunos, fils d’un premier mariage de Ptolémée Ier Soter. Il devint roi de Macédoine. Ptolémée Kéraunos (le Foudre) trouva la mort en 279 avant J.-C. en combattant les Galates (envahisseurs celtiques). C’est finalement Antigone Gonatas, né en 319, le fis de Démetrius Poliorcète et de Phila, le petit-fils d’Antigone Monophtalmos (le Borgne), qui devint roi de Macédoine en 277 avant J.-C., après avoir écrasé les Gaulois aux Thermopyles en 278 avant J.-C. Il est le fondateur de la dynastie Antigonide qui devait régner sur la Macédoine jusqu’à la chute de Persée (179-168 avant J.-C.) après la bataille de Pydna. Lysimaque ne détînt le royaume de Macédoine que pendant une courte période entre 288 et 281. En Macédoine, il monnaya à Amphipolis et Pella, ses autres ateliers se trouvant soit en Thrace soit dans son domaine anatolien. Il revient à Margaret Thompson d’avoir donné le premier essai de classement cohérent pour le monnayage de Lysimaque, The Mints of Lysimachus, Essays Robinson, Oxford, 1968, p. 162-182, pl. 16-22, n° 1-256. Le monnayage de l’atelier d’Amphipolis y occupe les numéros 186 à 214, pl. 21 et ne comprend que des tétradrachmes. Cet atelier à la fin du règne du Diadoque fut son principal atelier. Une partie importante des tétradrachmes se caractérise par la présence d’un caducée (n° 188-198) d’abord simple (n° 188-191), puis avec une hampe (n° 192198), ce qui est le cas de notre exemplaire, accompagné d’une abeille ou de monogrammes comme sur notre exemplaire (YE). ROYAUME DE MACÉDOINE – LYSIMAQUE (288/287 – 282/281 avant J.-.C) Monnayage au nom et au type de Lysimaque, Strategos puis roi de Thrace (323-306/5-281 avant J.-C.) Lysimaque (c. 360-281 avant J.-C.) était l’un des principaux généraux d’Alexandre. Après la mort du conquérant le 14 juin 323 avant J.-C., un combat fratricide opposa les Diadoques, ses successeurs. Lysimaque, d’abord favorable à la survie de l’Empire, soutient Antipater avant de devenir indépendant en 315 avant J.-C., recevant l’administration de la Thrace. En 306 avant J.-C., après la bataille navale de Salamine de Chypre, Lysimaque, imitant Antigone le Borgne, son ennemi irréductible, prend le titre de roi (Basileos), tous deux suivis par Démétrius, Ptolémée, Séleucus et Cassandre. Allié à Ptolémée, ils écrasent Antigone qui meurt à la bataille d’Ipsos en 301 avant J.-C. C’est la naissance du royaume de Thrace et le début du monnayage personnel de Lysimaque. Il doit lutter contre Démétrius en Macédoine et en Thrace. Après 288 avant J.-C., il reste le plus puissant des monarques régnant sur l’Europe et l’Asie Mineure. Lysimaque, âgé de 80 ans, trouve la mort à la bataille de Couroupédion, en 281 avant J.-C. Tétradrachme, Macédoine, Amphipolis, 288/7 -282/1 avant J.-C. (Ar, 17,05 g, 29 mm, 12 h) étalon attique, poids théorique : 17,28 g, 4 drachmes ou 24 oboles A/ Anépigraphe Tête imberbe d’Alexandre le Grand sous les traits de ZeusAmmon, cornu et diadémé à droite. R/ BAΣΙΛΕΩΣ - ΛΥΣΙΜΑΧΟΥ/ (YE) (du roi Lysimaque). QUAND LYSIMAQUE ÉTAIT ROI DE MACÉDOINE
Bulletin Numismatique n°260 13 Athéna nicéphore assise à gauche sur un trône, tenant une petite Niké de la main droite qui couronne le nom de Lysimaque et le coude gauche reposant sur un bouclier orné d’un masque de lion ; dans le champ à gauche, un caducée orné d’une hampe. Müller – Th 911 – HGCS 3. 2/ 1750l M. Thompson, The Mints of Lysimachus, Essays Robinson, p.163-182, pl. 16-22, n° 195 Magnifique exemplaire sur un flan idéalement centré. Portrait fantastique, bien venu à la frappe. Joli revers. Patine grise avec de légers reflets dorés. Rare. SPL/ SUP 2 500€/ 3 500€ Lysimaque fut l’un des protagonistes à représenter Alexandre le Grand sur son monnayage, divinisé sous les traits de Zeus-Ammon, cornu, rappel qu’Alexandre s’était rendu à l’oasis de Siwah, lors de la conquête de l’Égypte. C’est aussi un moyen pour le Diadoque de renforcer sa légitimité face à Ptolémée Ier Soter qui s’est emparé de la dépouille d’Alexandre et l’a transportée à Alexandrie. Au revers Athéna par l’intermédiaire de sa Niké couronne le nom de Lysimaque accompagné du titre de Bασιλεωσ. La frappe de ces monnaies ne commencerait pas avant 288 avant J.-C. et la chute de Démétrius Poliorcète. Lysimaque ne récupère l’atelier d’Amphipolis qu’après la fuite de Démétrius Poliorcète en Asie Mineure en 287/286 avant J.-C. Ce tétradrachme fut frappé du vivant de Lysimaque, d’après le classement de Margaret Thompson. Le terminus des émissions d’Amphipolis doit se situer peu après la mort du roi à Couroupedion en 281 avant J.-C. Les tétradrachmes avec le caducée ne sont pas rares. Il en existe deux variétés principales, l’une avec le caducée normal et notre type avec un caducée orné d’une hampe. La première variété semble beaucoup plus rare. Margaret Thompson signalait déjà dans les Mélanges Robinson plusieurs liaisons de coins de droit pour l’atelier d’Amphipolis. Dans The Armenak Hoard (IGCH 1423), MN 31, p. 63-106, pl. 6-26, qui contenait au total 1945 pièces dont 968 conservées à l’American Numismatic Society (ANS), l’auteur avait recensé 26 tétradrachmes pour l’atelier d’Amphipolis dont 21 conservés à l’ANS (n° 901-921, pl. 23-24). Parmi ceux-ci, il y avait trois tétradrachmes de notre type (n° 911-913, pl. 24, n° 911). Mais nous n’avons pas relevé de liaison de coins pertinente. Exemplaire provenant de la vente Bourgey des 10/11 mars 1981, lot n° 40. Avec son certificat d’exportation de bien culturel n°251134 délivré par le ministère français de la Culture. Marie BRILLANT & Laurent SCHMITT QUAND LYSIMAQUE ÉTAIT ROI DE MACÉDOINE Lh 50 65€ THE HANDBOOK OF GREEK COINAGE VOLUME 3 PART II
Bulletin Numismatique n°260 14 À la mort d’Alexandre le Grand à Babylone en juin 323, ses généraux et amis (Φιλοι) se répartirent la tâche de maintenir l’unité de l’Empire au nom de Philippe III Arrhidée, demi-frère d’Alexandre III et le très jeune Alexandre IV, fils posthume du conquérant et de son épouse, Roxane. Pour l’Égypte, Cléomène de Naucratis reçut la satrapie, mais dès l’année suivante, c’est Ptolémée qui en hérita et devait la conserver tout au long de la période en devenant le premier basiléos (roi) en 306/5 avant J.-C., suivant en cela Antigone le Borgne et son fils, Démétrius, qui avaient été les premiers à s’emparer du titre. Après le décès du conquérant, alors que son corps était rapatrié vers la Macédoine au cours d’un long périple fastidieux, Ptolémée réussit à s’emparer de la dépouille, à la transporter en Égypte, la déposant d’abord à Memphis avant de l’installer à Alexandrie. Le tombeau renfermant la dépouille momifiée du conquérant macédonien fut appelé la Sôma (corps) ou Séma (tombe). Un mausolée y fut installé et fera l’objet d’un culte pendant toute la période Lagide. Le premier atelier « égyptien » fut Memphis, la vieille capitale pharaonique. Les monnaies, statères d’or et tétradrachmes, continuent d’utiliser le monnayage au nom et au type d’Alexandre. L’atelier d’Alexandrie débuterait son activité plutôt en 320/19-314/3 avant J.-C., mais plus certainement à partir de 312 avant J.-C. D’après C. Lorber, Coins of the Ptolemaic Empire. Part I, Ptolemy I through Ptolemy IV, 2 volumes, (CPE 1), ANS, New York, 2018, le type avec Athéna au revers ne débuterait pas avant 312/11 avant J.-C., sur l’étalon attique (poids théorique : 17,28 g) entre 312/11 et c. 306. Ce type se caractérise par le recours au buste divinisé d’Alexandre sous les traits du dieu Zeus-Ammon, dont Alexandre avait visité le sanctuaire dans l’oasis de Siwah lors de la conquête de l’Égypte en 332. À cette occasion, les prêtres lui avaient révélé son origine divine. Pour indiquer l’origine africaine, la dépouille d’éléphant coiffe et surmonte la tête du conquérant. Le buste porte aussi le mitra et l’égide. Au revers, nous trouvons une Athéna qui est décrite parfois comme Alkidémos qui est « salvatrice ou protectrice du peuple » qui était honorée à Pella en Macédoine. Il faut plutôt y voir une Athéna Promachos « combattante ». Une seconde série de poids plus léger, défini parfois comme rhodien ou attique réduit (c. 15,70 g), conservant les mêmes caractéristiques iconographiques, succède à l’étalon attique. Notre tétradrachme appartient à cette seconde émission, datée entre 311 et 306 précédemment et dont C. Lorber place la fabrication entre 306 et 300 avant J.-C., au moment où Ptolémée prend le titre de Βασιλεωσ. Notre type se caractérise par l’adjonction d’un casque corinthien, placé devant l’Athéna Promachos. C’est le dernier type avec ce type de buste. Dans les séries suivantes, Ptolémée ayant pris le titre de roi remplace le buste d’Alexandre par le sien. ÉGYPTE – ROYAUME LAGIDE – PTOLÉMÉE Ier SOTER (323-306/305-283 avant J.-C.) Ptolémée Satrape (323-306/305 avant J.-C.) puis Basiléos (306/305 – 283 avant J.-C.) Ptolémée était un ami d’enfance d’Alexandre. Après la mort de ce dernier en 323 avant J.-C., il reçut la satrapie d’Égypte. Diadoque, il lutta pendant quarante ans contre ses collègues, Lysimaque, Séleucus, Antigone et Démétrius. Ptolémée fut le seul successeur d’Alexandre à mourir dans son lit. Tétradrachme, Égypte, Alexandrie, 311-306/305 avant J.-C. Type IIIb (Ar, 15,68 g, 26,50 mm, 12 h) étalon rhodien, poids théorique : 15,50 g, 4 drachmes ou 24 oboles A/ Anépigraphe Buste cornu et diadémé d’Alexandre le Grand sous les traits de Zeus-Ammon à droite, coiffé de la dépouille d’éléphant avec l’égide. R/ ΑΛΕΞΑΝΔΡΟΥ/ (ΔΙ) (d’Alexandre) Athéna Promachos ou Alkidemos marchant à droite, brandissant une javeline de la main droite et tenant un bouclier de la gauche ; dans le champ à gauche, un casque corinthien, un monogramme et un aigle sur un foudre tourné à droite. Svoronos 169, pl VI – SNG Copenhague 30 – CPE 1/ 72 Superbe monnaie, centrée des deux côtés. Très beau buste, bien venu à la frappe, finement détaillé. Joli revers de style fin. Patine grise de collection. Rare. SUP 2 000€/4 000€ Entre 323 et 312 avant J.-C., Ptolémée Ier Soter qui est satrape d’Égypte, continue de monnayer au type et au nom d’Alexandre III le Grand. Depuis 332 avant J.-C., l’atelier de Memphis frappait des monnaies royales. La fabrication à Alexandrie ne commence pas avant 312 avant J.-C. À partir de 311 avant J.-C., l’Égypte a un monnayage particulier d’abord basé sur l’étalon attique, puis sur l’étalon rhodien (notre exemplaire), avant d’adopter l’étalon lagide ou phénicien. En 305 avant J.-C., Ptolémée prend le titre de Roi (B). Dans sa thèse publiée en 1974, O. H Zervos avait relevé pour cette 31e émission 75 tétradrachmes frappés à l’aide de 7 coins de droit, ce qui donne un indice caractéristique de 7,5 pièces/ coin, ce qui est excellent. Ce type se rencontre dans le trésor de Demanhur de 1896 (IGCH 1671), l’antique Hermanopolis. Ce trésor aurait contenu 2000 pièces d’argent dont le Terminus Post Quem (TPQ) est placé aujourd’hui à c. 300 avant J.-C. Pour notre série légère, plus de 200 tétradrachmes de ce type en faisaient partie (CPE 1, p. 460). Exemplaire provenant de la collection P-R. B. Si ce type n’est pas particulièrement rare, son état de conservation est tout à fait spectaculaire avec un relief inhabituel qui en rehausse l’intérêt. Le centrage du droit est presque parfait, où pratiquement tous les détails du buste idéalisé d’Alexandre sont visibles. En dehors d’une partie de la trompe d’éléphant, les oreilles de la dépouille, ainsi que l’égide sont complets avec une partie du grènetis visible. C’est donc un exemplaire qui mérite toute votre attention. Marie BRILLANT & Laurent SCHMITT ALEXANDRE À ALEXANDRIE !
Bulletin Numismatique n°260 15 Notre tétradrachme d’étalon rhodien est frappé après la refondation de la cité de Cos en 366 avant J.-C., à partir de trois cité cariennes de l’île, Astypalaia, Méropis et Halasarna. Ces trois entités avec Cos ou Kos formaient avec Cnide et Halicarnasse l’Hexapolis dorienne (union des six villes). Dans son étude du monnayage de Cos dans le trésor de Pixodare (CH IX, 421), A. Meadows a relevé le nom de neuf personnes figurant au revers, placés sous le crabe : Callias, Lakon, Lykinos, Théodotos, Héracleitos, Nestoridas, Philiscos et Alcimachos. Il se trouve que sur les 66 exemplaires du trésor pour ce type, cinq d’entre eux partagent le même coin de droit : Théodotos, Héracleitos, Nestoridas, Philiscos et Alcimachos (A/5, pour un total de 29 tétradrachmes). Ce phénomène semble indiquer une succession rapide de ces personnes, partageant le même coin de droit. Ce n’est pas le cas de notre tétradrachme qui appartient à la seconde combinaison (A/8). Le trésor de Pixodare (CH IX, 421, p. 43 et 159-243, pl. 2141) a été découvert en 1979 en Carie, pourrait avoir contenu environ 2600 pièces dont 74 tétradrachmes de Cos ainsi que 48 didrachmes et aurait un Terminus Post Quem (TPQ) fixé vers 340 avant J.-C. ÎLE DE CARIE – COS (IVe siècle avant J.-C.) Cos était à l’origine une colonie dorienne d’Épidaure qui importa le culte d’Asklépios (dieu de la médecine) sur l’île. C’est la patrie d’Hippocrate, le fondateur de la médecine. Cos fit partie de la Ligue de Délos et payait tribut à Athènes. La fondation d’une nouvelle capitale symmachique en 366 avant J.-C. relança l’activité économique qui devait durer jusqu’à la conquête macédonienne. Rivale de Rhodes et d’Halicarnasse, l’île perdit de son importance après 333 avant J.-C. Après la mort d’Alexandre le Grand, elle tomba sous la domination de Ptolémée. Ce dernier séjourna dans l’île en 309 avant J.-C. avec sa femme Bérénice et c’est là que naquit Ptolémée II Philadelphe. Tétradrachme, Carie, Îles de Carie, Cos, 380-350 avant J.-C. (Ar, 15,25 g, 23 mm, 6 h), étalon rhodien, poids théorique : 15,36 g, 4 drachmes ou 24 oboles A/ Anépigraphe Tête imberbe d’Héraklès à gauche coiffée de la léonté. R/ ΚΩΙΟΝ/ [Α]ΛKIMAXOΣ (de Cos/ Alcimachos) Crabe vu de face au-dessus d’une massue posée horizontalement ; le tout dans un carré creux pointillé. BMC 12 – HGCS 6/ 1302 R. H. A. Ashton, The Pixodarus Hoard, Cos, CH. IX, p. 229240, pl. 36-37 (cf. p. 231, n° 30a et b, pl. 37) Superbe monnaie, centrée des deux côtés. Très beau crabe de haut relief. Portrait finement détaillé. Patine grise. Très rare. SUP 2 000€/ 4 000€ Mêmes coins que les tétradrachmes 30a et b (A/ 8 – R/ 22) provenant tous les deux du trésor de Pixodare, pesant respectivement 15,02 g et 14,94 g. Notre exemplaire plus lourd pourrait lui aussi provenir de ce trésor. Même coin de droit que les combinaisons 28 à 31, totalisant 10 exemplaires avec en particulier un petit défaut de métal, perceptible sur les exemplaires 30a et b. Sur cet exemplaire, au revers la seconde lettre, la première visible, le lambda (L) semble prendre la forme d’un alpha (A). Le choix, à partir de 300 avant J.-C., de la tête d’Héraklès et du crabe n’est pas aisé à expliquer. Le nom, toujours au nominatif, est peut-être celui du magistrat éponyme de la cité. D’après les travaux de Kroll MN. 11, 1964, p. 81-117, les noms figurant sous le crabe ne seraient pas ceux de magistrats monétaires, mais de citoyens participant aux liturgies permettant ainsi de financer les émissions monétaires d’où le rôle honorifique du monnayage. Pour le monnayage Héraklès/crabe, R. Ashton a recensé 66 tétradrachmes avec huit coins de droit et vingt-trois coins de revers, soit un indice charactéroscopique de 8,25 par coin de droit. Avec le nom de Alkimaxos (Alcimachos), le même auteur a relevé deux coins de droit et cinq coins de revers pour un total de quatorze exemplaires, soit un indice charactéroscopique de 7 pour les coins de droit, ce qui est excellent, puisque supérieur à 3. Ce monnayage reste malgré tout rare. Avant la découverte du trésor de Pixodare, il était exceptionnel. Exemplaire sous coque NGC Ch XF (Strike 4/5, Surface 3/5, brushed). Avec cet exemplaire proposé dans la Live Auction du 3 mars 2026, vous avez une rare occasion d’acquérir un exemplaire de ce rare monnayage qui, avant la découverte du trésor pour notre type sur les quatorze exemplaires, n’était connu que par quatre exemplaires ! Marie BRILLANT et Laurent SCHMITT TÉTRADRACHME DE COS : CHERCHEZ LA PETITE BÊTE AVEC ALCIMACHOS !
Bulletin Numismatique n°260 16 C’est une dénomination bien singulière que nous proposons à la vente dans la prochaine Live Auction du 3 mars 2026 : un cinquième de statère qui semble d’étalon attique, un hapax de la numismatique à plus d’un titre. Seulement recensé par quatre numéros dans l’ouvrage fondamental de M. Price, The Coinage in the Name of Alexander the Great and Philip Arrhidaeus, A British Museum Catalogue, BM – SSN, London/ Zürich, 1991, sous les numéros 3705, 3727, 3728A, 3743. Ce type semble n’avoir été frappé que pour la période comprise entre 317 et 311 avant J.-C, d’après Martin Price. Ce type n’est pas repris dans l’ouvrage récent de O. D. Hoover, The Handbook of Greek Coinage Séries, volume 3 – Handbook of Coins of Macedon and Its Neighbours. Part I : Macedon, Illyria and Epeiros, Sixth to First Centuries BC, Lancaster/ London, 2016. Notre exemplaire est anépigraphe et ne comporte donc pas de légende, seul le monogramme, placé dans le champ à gauche de la massue d’Hercule (MYR) dans une couronne permet de l’attribuer à l’atelier de Babylone, pour la période 315-311, période où nominalement, c’est Alexandre IV, fils d’Alexandre le Grand et de Roxane, qui est le basiléos macédonien (323310/309 avant J.-C.). C’est Antigone le Borgne qui est stratège de l’Asie (317-310/309 avant J.-C.). C’est aussi le début de la troisième guerre de succession entre les Diadoques, opposant Cassandre allié à Ptolémée, satrape d’Égypte et Lysimaque, satrape de Thrace à Antigone le Borgne et à son fils Démétrius Poliorcète. À Babylone, Séleucus, satrape de 320 à 316 avant J.-C., chassé par Antigone, trouve refuge chez Ptolémée, est remplacé par Apeisas (315-311 avant. J-C.). Le retour de Séleucus dans la région en 312 avant J.-C. marquera le début de l’ère séleucide. Néanmoins, A. Houghton, Seleucid Coins, A Comprehensive Catalogue, Part I, Seleucus I through Antiochus III, ANS/ CBG, New York/ Lancaster, 2002, p. 42, n° 84, pl. 5 = Price 3705 attribue ce type à Séleucus, pour la période après son retour à Babylone. Associé au cinquième de statère, et avec le monogramme (AY), M. Price signale le statère d’or (MP 3720, 3721 et 3724, pl. XIII), le tétradrachme (Pricen 3722, 3723, 3725 et 3726, pl. CIX), le cinquième de statère (MP 3727, pl. CXL et 3728A) ainsi qu’une toute petite monnaie divisionnaire d’argent, le trentième de statère (MP 3729). Ce monnayage impérial, très particulier, qui par son revers, rappelle plutôt les monnaies de bronze d’Alexandre III, qu’il ait été frappé à l’instigation d’Antigone ou de Séleucus, reste l’un des plus rares monnayages d’argent de la période. BABYLONIE – BABYLONE – ANTIGONE LE BORGNE (323-306/305-301 avant J.-C.) Strategos Asia (317-310/309 avant J.-C.) Après la mort de Philippe III en 316 avant J.-C., le pouvoir fut largement disputé entre Olympias, mère d’Alexandre, Alexandre IV et les Diadoques, en particulier Cassandre et Antigone. Antigone le Borgne apparaît sur la scène politique en 321 avant J.-C. en écrasant Eumène, satrape de Cappadoce, qui sera assassiné par Antigone en 316 avant J.-C. À partir de l’année suivante, Antigone entre en lutte contre Séleucus, Ptolémée, Cassandre et Lysimaque. Antigone occupe la Syrie et proclame la liberté des cités grecques en 314 avant J.-C. Antigone et son fils Démétrius sont battus à Gaza. Une paix qui exclut Séleucus est signée en 311 avant J.-C. En 306, Démétrius remporte la victoire navale de Salamine de Chypre. Antigone prend le titre de Roi, imité par les autres Diadoques. Finalement, Antigone est battu et tué à la bataille d’Ipsos en 301 avant J.-C. Cinquième de tétradrachme, Babylonie, Babylone, 315312/1 avant J.-C. (Ar, 3,33 g, 14,50 mm, 6 h) étalon attique, poids théorique : 3,46 g, cinquième de tétradrachme. A/ Anépigraphe Tête imberbe d’Héraklès à droite, coiffée de la léonté nouée sous le cou ; grènetis circulaire perlé. R/ (AY) Massue et carquois ; monogramme dans une couronne à gauche et un monogramme à droite. MP 3727 var, pl. CXL – SC cf. 84 var. = HGCS 9/ 70 (R3) var. Très rare. SUP 1 500€/ 3 000€ Semble de mêmes coins que l’exemplaire de CNG, E-auction 525, n° 152. Le cinquième de statère est un hapax de la numismatique macédonienne et babylonienne. Son poids théorique de 3,46 g est proche d’un pentobole attique (3,60 g). Il entre dans le système monétaire lié au statère au lion dont les émissions furent importantes à Babylone (HGCS 9/ 67a = SC 1/ 88). Ce type particulier avec la massue et le carquois goryte est associé à une des plus petites monnaies divisionnaires d’argent du système monétaire, le trentième de statère (0,58 g). L’exemplaire reproduit à la planche CXL, n° 3727, est entré récemment dans les collections du British Museum, en 1986 et provient d’un professionnel (Muller), il pèse 3,32 g avec une orientation des coins à 5 heures, très proche de notre exemplaire. Dans la base acsearch, cinq exemplaires sont recensés pour cette rare variante. Le Price n° 3728A, présentant une légère variante du monogramme placé sous le monogramme de Babylone au lieu du champ à droite provient d’une vente Tkalec/ Rauch du 16 novembre 1987, n° 67. Exemplaire provenant de la collection Slynop. Ne ratez pas cette opportunité d’acquérir une monnaie qui au premier abord peut s’avérer banale et est en fait l’une des dénominations les plus rares de la période, encore mal connue. Marie BRILLANT & Laurent SCHMITT UNIQUE CINQUIÈME DE TÉTRADRACHME D’ANTIGONE LE BORGNE À BABYLONE ÉNIGMATIQUE
Bulletin Numismatique n°260 17 Un statère de la prochaine Live Auction du 3 mars 2025 a retenu notre attention. Outre son état de conservation, c’est son style qui fait la différence. En particulier au droit, sur le couvre-nuque, nous trouvons un phi (Φ). À Vélia, cette lettre est identifiée avec Philistion, un graveur qui a aussi gravé des monnaies pour les cités de Térina et Métaponte. LUCANIE – VÉLIA (350-281 avant J.-C.) Vélia, Élea pour les Grecs, fut fondée vers 540 avant J.-C. par des Phocéens qui avaient quitté l’Asie Mineure après la chute de Sardes en 546 avant J.-C. Vélia devint alliée des Romains à partir de 275 avant J.-C. Le lion était le symbole de la ville, d’où son utilisation sur le monnayage de Marseille car la métropole phocéenne entretenait des liens étroits avec Vélia. Statère, Lucanie, Vélia, 293/290 – 281 avant J.-C., Groupe 8, série 80 (7,79 g, 21,50 mm, 12 h), étalon campanien, poids théorique : 8,00 g, 2 drachmes ou 12 oboles A/ Anépigraphe/ Φ/ (AP) Tête d’Athéna à gauche, coiffée du casque attique à cimier avec triple aigrette, orné d’un griffon. R/ //YEΛHTΩN (de Vélia). Lion passant à droite ; caducée tourné à droite surmonté d’un filet ou d’une chaînette. ANS 1396 - MIAMG – 3008 (R1) (1100 €) HN 1316 - HGCS 1/ 1325 Williams 531 (A/ 267 – R/ 371) (18 ex.) L. Forrer, Notes sur les signatures de graveurs sur les monnaies grecques, Bruxelles, 1906, 381 p. 4 pl. Pour Philistion, cf. p. 341-357, p. 355-356, n° 46 pour Vélia. Superbe monnaie, centrée des deux côtés. Très beau lion, bien venu à la frappe. Portrait d’Athéna, finement détaillé. Patine grise avec de légers reflets dorés. R. SUP 800€/ 1 500€ Très tôt, le monnayage de Vélia a été décrit comme ayant inspiré la drachme lourde de Marseille (LT. 785-791). Certains l’ont même décrit comme un monnayage symmachique : un lion de Vélia étant l’équivalent de deux lions de Marseille. Aujourd’hui, cette théorie est remise en cause, par G. Depeyrot, non sans arguments, mais avec une certaine acrimonie. Le lion de Vélia a pu servir de modèle à celui de Marseille, mais à quelle date ? La frappe à Vélia commence dans la seconde moitié du Ve siècle avant J.-C. pour se poursuivre jusqu’en 281 avant J.-C. À quel moment les Massaliotes auraient-ils emprunté le lion de Vélia ? Dans son remarquable ouvrage, R. T. Williams, The Silver Coinage of Velia, RSN.25, Londres 1992 a étudié ce groupe VIII de statères qui comprend les émissions 79 à 81 (caducée/foudre). Pour vingt-six numéros (Williams n° 515-540), il a relevé treize coins de droit et quatorze coins de revers pour un total de 184 nomoi dont 61 pour la série 79, 120 pour la série 80 et 3 pour la série 81. Avec le caducée, il y a deux variétés différentes sans ornement au-dessus du caducée (Williams 515-526) et avec filet ou chaînette (Williams 526-539). Pour cette seconde variété, l’auteur a recensé 13 combinaisons (527-539) avec six coins de droit et onze coins de revers et 118 statères. C’est donc le type le mieux représenté. Notre exemplaire appartient à cette seconde combinaison. Avec le coin de droit (A/ 267), nous avons trente exemplaires pour quatre combinaisons (Williams 529, 531, 532 et 533). Pour ce numéro (531) et cette combinaison de coins (A/ 267 - R/ 371), l’auteur a relevé vingt exemplaires. Le coin de droit a été utilisé plusieurs fois lié aux revers (R/ 370, 371, 372 et 373) pour un total de trente exemplaires. Le coin de revers n’est pas lié à d’autres coins de droit. Cette série est donc une émission courte, la dernière avec le lion seul. L’indice charactéroscopique est donc excellent et indéniable. Pour cette combinaison, trois exemplaires proviennent du trésor de Foggia et un autre du trésor de Lucanie. Avec ce statère, nous découvrons qu’une monnaie peut receler un secret, parfois caché à un endroit improbable, comme sur notre exemplaire sur le couvre-nuque du casque d’Athéna. Le style de la monnaie nous montre la maîtrise d’un graveur moins connu qu’un Kimon ou un Évainète, mais qui révèle un artiste doué, resté dans l’ombre. Marie BRILLANT & Laurent SCHMITT Lh 81 65€ STATÈRE SIGNÉ PHILISTION À VÉLIA
www.cgb.frRkJQdWJsaXNoZXIy MzEzOTE=