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Bulletin Numismatique n°260 65 Avec cet « écu » de la prochaine Live Auction du 3 mars 2026, nous sommes presque en présence d’une « monnaie de siège », dernier avatar de la résistance française dans les Mascareignes, au moment où la Grande-Bretagne s’empare de l’île. Par le traité de Paris du mai 1814, la France cède l’île Maurice (Île-de-France), les Seychelles et Rodrigues aux Anglais, mais conserve l’île Bourbon ou de la Réunion, son nom officiel depuis 1792. Cette dernière devient l’île Bonaparte de 1801 à 1810 avant de reprendre son nom de Bourbon qu’elle conserve jusqu’à la Révolution de 1848 avant de redevenir définitivement la Réunion. On donne parfois le terme impropre de « Piastre » (lame ou plaque en italien), nom générique afin de désigner une monnaie de grand module dont l’ancêtre serait la pièce de 8 réaux (douro ou peso espagnol depuis 1497). ÎLES DE FRANCE ET BONAPARTE - PREMIER EMPIRE - GÉNÉRAL DECAEN (1810) Les îles Maurice et de la Réunion furent découvertes par le Portugais Pedro Mascarenhas en 1507. L’île Maurice fut occupée par les Hollandais dès 1638. Les Français s’en emparèrent en 1715 et l’île reçut le nom d’île de France. La Compagnie des Indes s’installa à Port Louis en 1720. En 1810, l’île fut occupée par les Anglais et devint une colonie anglaise après les traités de Paris en 1814 et 1815. L’île Bourbon fut colonisée par les Français entre 1638 et 1646 puis concédée d’abord à la Compagnie des Indes Orientales fondée le 27 août 1664, puis à la Compagnie Française des Indes en 1719. Charles Mathieu Isidore Decaen (13/04/1769 - 9/09/1832), général dans l’armée du Rhin, est nommé capitaine-général des établissements français dans l’Inde en 1802. Il doit se replier sur l’île de France (ou Bonaparte). Il administre aussi la Réunion et les Seychelles. Il doit néanmoins capituler le 2 décembre 1810 et évacuer l’île Bonaparte après avoir obtenu des garanties pour les habitants des îles. 1 Piastre (de 10 livres) Decaen, 1810, Port-Louis, 200 000 ex. ? (Ar, 26,85 g, 38,50 mm, 6 h, 840) poids théorique 26,77 g, titre : ± 823 ‰, 10 livres. A/ ILES DE FRANCE - ET BONAPARTE Aigle debout de face sur un foudre, les ailes déployées, la tête tournée à droite, surmonté d’une couronne ; signé AVELINE à l’exergue. R/ DIX/ LIVRES en deux lignes, dans une couronne formée de deux branches de laurier ; à l’exergue 1810. Graveur : Aveline (orfèvre de Port-Louis, Île de France (Maurice) Tranche : striée VG 2290 - Lecompte 14 – KM 19/1 Cette pièce de dix livres est bien centrée de part et d’autre. Très légers frottements mais une monnaie très agréable. Très rare. SUP 2 500€/ 3 800€ Ces pièces furent fabriquées suite aux arrêtés, insérés dans le code des Îles de France et de la Réunion, publiés à l’Île de France (Île Maurice) par le général Decaen. Les pièces furent frappées à partir des lingots d’argent récupérés sur l’Ouvidor, navire portugais qui fut capturé par l’Entreprenant du capitaine Bouvet, un corsaire français. Le nom de la pièce vient du général gouverneur Charles Decaen. Ces pièces furent fabriquées suite aux arrêtés, insérés dans le code des Îles de France et de la Réunion, publiés à l’Île de France (Île Maurice) par le général Decaen, les 6 et 8 mars 1810, comme le fait remarquer Jean Lecompte. Les pièces furent frappées à partir des lingots d’argent récupérés sur l’Ouvidor, navire portugais qui fut capturé par l’Entreprenant du capitaine Bouvet, un corsaire français. Le nom de la pièce vient du général gouverneur Charles Decaen. La frappe artisanale, réalisée par Aveline, fait que de nombreux exemplaires présentent au revers un début d’effacement de la valeur. Victor Guilloteau indiquait en 1942 que le général Decaen avait fait frapper pour 1 128 500 francs soit, une production de 112 850 pièces. Il est important de constater sur cette monnaie l’équivalence du mot «livre» et du mot « franc », attitude logique puisque la Révolution choisit la valeur pondérale du franc équivalente à celle de la livre royale de 1726. Avec cette pièce, nous avons un exemplaire d’excellente conservation pour des monnaies fabriquées dans l’urgence avec des moyens précaires et dont les coins sont souvent bouchés. Un exemplaire avec au revers la mention « DIX/ LIVRES » visible reste rare. Laurent COMPAROT et Laurent SCHMITT QUAND MAURICE ÉTAIT ENCORE FRANÇAISE !

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