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Bulletin Numismatique n°260 58 La dernière vente de la collection de Richard Margolis (la 5e en un an et demi), organisée par la maison Stack’s & Bowers le 12 décembre dernier, a encore donné lieu à quelques belles surprises. Sur les 443 lots proposés à la vente, avec parfois des pedigrees impressionnants, seuls 6 n’ont pas trouvé preneur, illustrant encore une fois la richesse de cette collection. À l’exception de celles (bien rares dans cet ensemble) qui ne le méritaient pas, toutes les monnaies ont fait l’objet d’une mise sous coque (identification et grading) par PCGS. Les 65 premiers lots étaient des monnaies royales. Les 134 lots suivants étaient des monnaies constitutionnelles, puis conventionnelles (77 lots), avant de basculer sur le Directoire (42 lots) et le Consulat/Empire (22/87 lots), pour terminer par une série de monnaies de Louis XVIII (16 lots). Si l’essentiel des lots est resté à des prix d’adjudication accessibles, certains lots d’une exceptionnelle rareté et qualité ont tout de même été l’objet de joutes se terminant à des prix réservés à des collectionneurs avec des moyens conséquents. Cette vente a encore une fois été l’occasion de constater le caractère exceptionnel de cette collection et le regard très affûté qu’avait Richard Margolis sur le monnayage français. Si l’on met bout à bout les ventes de sa collection, ce sont 1 970 lots proposés à la vente, exclusivement dédiés à une période de notre monnayage qui va de la fin du règne de Louis XVI jusqu’à la 2e Restauration. Un tel ensemble, regroupant des essais, des épreuves unifaces, jusqu’à des exemplaires en or, en passant par des monnaies en cuivre et en argent, ce sont, par période, quasiment des galeries de musée que nous avons pu avoir sous les yeux… et bien souvent la frustration de devoir se consoler seulement avec les photos. Si dans cette vente nous retrouvions encore quelques essais ou épreuves unifaces, d’une exceptionnelle rareté, les Dupréphiles auront encore une fois pu avoir sous leurs yeux, et pour certains aujourd’hui en collection, un ensemble qui ne faisait pas forcément la part belle à des exemplaires qui peuvent faire les premières de couverture… encore que… mais dont la signature d’Augustin Dupré ornait plus de la moitié de la vente. Une part significative de cette vente était consacrée aux monnaies de cuivre, partant du système duo-décimal avec des 2 Sols jusqu’au modeste Liard en passant par tous les divisionnaires, sans oublier des jetons et monnerons de 5 Sols. Quelques essais et exemplaires unifaces du concours de 1791 étaient par ailleurs encore présentés à la vente, illustrant encore le gout et la capacité qu’a eus Richard Margolis, de rassembler de tels exemplaires dignes d’un musée. Au « top 3 » des prix de vente, on retrouve ainsi deux exemplaires en cuivre pour un seul en argent et aucun en or. La première est un exceptionnel monneron de 5 Sols An IV de la liberté, vendu à 38 400 $ avec la légende « Monneron et Cie, négociants à l’Isle de France (aujourd’hui l’île Maurice) ». Cette rareté avait conduit Richard Margolis à en faire un article paru dans le British Numismatic Journal en 1988. Ce Monneron n’était toutefois pas le premier de ce type à être vendu par la maison Stack’s & Bowers cette année, puisqu’un autre (exactement du même coin de revers fissuré, mais daté de l’an III de la liberté) avait été vendu en septembre (19 200 $), mais sans mention de la collection Margolis. Dans le cas présent, le pedigree était donc aussi semble-t-il une recherche. Sur la deuxième marche du podium, on trouve une insigne rareté : la 2 DECIMES An 4 K. Plus d’un collectionneur avait dû la cocher tout en la sachant probablement inaccessible. On connait pour cette monnaie trois autres exemplaires, dont deux se trouvent au cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de France. La seule qui soit passée en vente ces dernières années l’a été chez MDC en octobre 2023 (sans mention d’un pedigree), avec une adjudication à 11 000 €. Elle a été adjugée dans le cas présent 12 000 $ (frais inclus), ce qui au regard de son intérêt historique, sa rareté et sa qualité, est très loin d’être surévalué. Ce podium est complété par un magnifique écu de 6 livres 1792 BB au génie là encore de la plus grande rareté et sous la signature d’Augustin Dupré. Il a été adjugé 6 600 $ (frais inclus). Nous pourrions poursuivre cette énumération avec deux autres écus de 6 livres, le premier 1792 M et le second sans date (dans le calendrier Grégorien), An II W, , ainsi qu’une 2 Francs 1811 BB, qui auront été vendus chacun 6 000 $… et poursuivre ce passage en revue d’un nombre impressionnant de lot exceptionnels. Mais bien d’autres lots vendus à l’occasion de cette 5e vente de la collection Margolis méritaient en effet une réelle attention. LA DERNIÈRE VENTE MARGOLIS

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