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Bulletin Numismatique n°260 25 La Live Auction du 3 mars 2026 est l’occasion de découvrir deux statères attribués aux Baïocasses en éléctrum, beaucoup plus rares que ceux en argent ou en billon. Le premier d’entre eux présente une variété qui ne semblait pas avoir été référencée, à savoir que la lyre placée au-dessus de la chevelure est disposée normalement, alors que normalement, elle est renversée. Le second exemplaire ne l’est pas moins, présentant au revers l’androcéphale dont la chevelure est terminée par cinq mèches enroulées qui ne se rencontre normalement pas sur les exemplaires au sanglier. Nos deux statères appartiennent à des séries différentes, déterminées par Louis-Pol Delestrée et Marcel Tache dans le deuxième tome du Nouvel Atlas des monnaies gauloises, II. De la Seine à la Loire Atlantique, Saint-Germain-en-Laye, 2004. Le premier (bga_1091938) rentre dans la série 338 carractérisée par la présence de lyres, au droit comme au revers et qui comprend des types de statères (DT 2249-2251, pl. XI), d’hémistatères (DT. 2252, p. XI) et de quarts de statère (DT 2253, pl. XI). Le second exemplaire (bga_1091954) n’est pas moins intéressant pour plusieurs raisons. Ce statère en électrum de bon poids fait partie de la série 341, dite aux sanglierss qui comprend quatre variétés avec des statères (DT 2254, 2255, 2258 et 2258A, pl. XI) ainsi que des quarts de statère (DT 2256 et 2257, pl. XI). Le droit est particulièrement bien venu avec une chevelure détaillée. Mais c’est le revers qui retient notre attention avec le vexillum (enseigne) qui est rejeté derrière l’aurige. Le sanglier enseigne sous le cheval est placé sur une hampe ornementée et la tête du cheval androcéphale se termine par cinq mèches enroulées avec des traits bien visibles. BAIOCASSI – BAÏOCASSES Région de Bayeux, 14) (IIe – Ier siècle avant J.-C.) Les Baïocasses ou Bodiocasses ne sont pas cités dans la Guerre des Gaules de César. C’est Pline l’Ancien qui en parle le premier. Les Baiocasses occupaient une partie de la Normandie actuelle, le Bessin. Ils avaient pour voisins les Unelles, les Viducasses et les Véliocasses. Leur principal oppidum était Augustodurum (Bayeux). Pline (HN. IV, 107). Ptolémée (G. II, 8). Statère d’électrum à la lyre inversée, région de Bayeux (14), c. IIe – Ier siècle avant J.-C. (El, 6,95 g, 21 mm, 9 h) A/ Anépigraphe Tête humaine à droite, les cheveux en grosses mèches ; une lyre et un cordon perlé dans la chevelure. R/ Anépigraphe Cheval galopant à droite ; une lyre à droite, entre les jambes du cheval ; aurige au-dessus du dos ; vexillum devant la tête. LT 6983 var. – Sch/ SM 517 var. – Sch/L 941 var.– MCB 171 var. – DT 2250 var. Belle monnaie sur flan centré, à la frappe un peu molle au droit. Patine de collection. Inédit. TTB/ TTB+ 1 200€/ 2 000€ Type non répertorié avec une lyre inversée au droit ! La lyre est terminée par trois cordes bouletées. Statère d’électrum aux sangliers, région de Bayeux (14), c. IIe – Ier siècle avant J.-C. (El, 7,15 g, 19,50 mm, 2 h) A/ Anépigraphe Tête humaine à droite, les cheveux en grosses mèches ; un sanglier enseigne et un cordon perlé dans la chevelure. R/ Anépigraphe Cheval androcéphale galopant à droite ; un sanglier à droite, entre les jambes du cheval ; aurige au-dessus du dos ; vexillum devant la tête. LT 6955 var. – DT 2254-2255 var. – Sch/ SM 523 var. Très joli statère quasi TTB+, à l’usure fine et régulière. Un très petit coup au revers. Patine de collection. Très rare. TTB 1 200€/ 2 000€ L’androcéphale a une coiffure intéressante au revers, formée de petites boucles ! Le vexillum (enseigne) qui est traditionnellement placé devant l’androcéphale est ici rejeté derrière l’aurige, ce qui ne semble pas avoir été signalé. Dans le catalogue du musée de Rennes, K. Gruel précise justement que pour les Baïocasses, « ce sont là encore des séries monétaires essentiellement connues par des trésors ; l’étude de l’ensemble de ces séries reste à reprendre ». Cette étude est désormais largement dégrossie avec le Tome 2 du Nouvel Atlas qui regroupe la quasi-totalité des types connus et attribués aux Baïocasses. Il n’est pas courant de proposer deux statères en électrum de ce peuple. Mais il est encore beaucoup plus rare de proposer deux variantes qui ne semblent pas recensées pour des séries différentes, ce qui démontre bien que la numismatique celtique recèle encore bien des surprises. Viviane BÉCLIN & Laurent SCHMITT DEUX STATÈRES DES BAÏOCASSES QUI NE FONT PAS TAPISSERIE

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