Bulletin Numismatique n°260 24 Dans la Live Auction du 3 mars 2026, nous n’avons pas un, mais deux statères attribués aux Lémovices. Ils sont recensés dans la série 1076 « à la grue et au trèfle » du Nouvel Atlas des monnaies gauloises III. La Celtique du Jura et des Alpes à la façade atlantique, Saint-Germain-enLaye, 2007, p. 116-117, n° 3404-3413, pl. XIX qui s’articule autour de quatre classes dont la classe II qui va nous intéresser avec le buste à droite et qui est composée de statères, (DT 3406-3407, pl. XIX, classe II) avec la scène du revers à droite et DT 3409 et 3410, pl. XIX avec la même scène tournée à gauche. Nous avons aussi de rares statères avec le buste tourné à gauche (DT 3411, pl. XIX, classe III) complété par une série de statères en bronze (DT 3412, pl. XIX, classe IV). La classe I de cette série (DT 3404-3405, pl. XIX) est constituée par des hémistatères en or. Nos deux exemplaires appartiennent à la classe II. Cependant, nous remarquons des variantes au niveau du buste, mais aussi, peut-être au niveau du revers. La différence la plus remarquable repose sur la représentation de l’œil qui est vu de face (bga_1011147) et le second vu de profil (bga_1011149). Nous avons aussi de petites différences au niveau de la chevelure, avec deux globules visibles dans la chevelure, sur le premier. Pour le second, nez et bouche sont bouletés. Au revers, sur le second exemplaire, la langue du cheval est terminée par une volute enroulée. En revanche, les deux exemplaires présentent la caractéristique principale avec la grue placée audessus du cheval et sous la croupe un fleuron trilobé et centré d’un globule. LEMOVICES – LÉMOVICES (Région de Limoges) (IIIe – Ier siècle avant J.-C.) Peuple de la Celtique qui a laissé son nom à Limoges et au Limousin. L’origine de son nom vient encore une fois de lemo ou limo qui peut se traduire par orme. Habiles commerçants, spécialisés dans l’exportation, ils étaient peut-être les alliés secrets des Romains, ce qui pourrait expliquer le silence de César sur ce peuple qui étendait pourtant sa puissance jusqu’aux côtes atlantiques. Néanmoins, César estime à dix mille hommes le contingent lémovice envoyé contre lui pour dégager Alésia en 52 avant J.-C. Après la conquête, à partir de 50 avant J-C., César aurait installé plusieurs camps romains sur le territoire lémovice afin de pouvoir surveiller le territoire arverne. César (BG. VII, 4, 75, 88). Strabon (G. IV, 2, 2). Statère d’électrum à la grue, région de Limoges, c. 100-50 avant J.-C. (El, 6,66 g, 17,50 mm, 12 h) A/ Anépigraphe Tête à droite, la chevelure en grosses mèches aquitaniques. R/ Anépigraphe Cheval à droite, une grue posée sur la croupe et un trèfle entre les jambes. LT 4072 var. – BN 4065-4066 – ABT 175 – Sch/ D 150 – Sch/ SM 246-247 - Z 169 - DT 3406 Moneta 36, n° 43 (53 ex.) Très beau statère sur flan un peu court et centré, une légère faiblesse à trois heures au droit. Joli revers bien complet. Patine de collection. Très rare. TTB+ 1 000€/ 2 000€ Statère d’électrum à la grue, région de Limoges, c. 10050 avant J.-C. (El, 7,08 g, 20 mm, 2 h) A/ Anépigraphe Tête à droite, la chevelure en grosses mèches aquitaniques. R/ Anépigraphe Cheval à droite, une grue posée sur la croupe et un trèfle entre les jambes. LT 4072 var. – BN 4065-4066 – ABT 175 – Sch/ D 150 – Z 168 - DT 3406-3407 Moneta 36, n° 43 (53 ex.) Flan large et centré, éclaté à divers endroits. Des faiblesses, notamment au niveau de la grue au revers. Patine de collection. Très rare. TTB+ 1 200€/ 2 500€ Exemplaire de poids particulièrement lourd. Cette variété correspond à la classe II de la série 1076 « à la grue et au trèfle » du Nouvel Atlas. Le motif d’accolade partant de la bouche, devant le visage, est parfois interprété comme le signe de la parole ; on retrouve ce détail sur les statères des Bituriges, mais aussi sous forme des deux dauphins, plus ou moins stylisés, sur la plupart des monnaies d’argent du sud, dites « à la croix ». On notera qu’au revers, le cheval a lui aussi une sorte de volute qui lui sort de la bouche. Les monnaies de ce type sont connues pour les statères d’électrum et de bronze ainsi que pour l’hémistatère. L’attribution aux Lémovices est celle qui est retenue, mais d’autres ont été proposées (Bituriges ou Pictons). Les provenances sont pourtant assez variées, jusqu’au Finistère. Ce monnayage circulait encore pendant la guerre des Gaules, puisque deux exemplaires ont été trouvés dans les Fossés d’Alésia. Avec ces deux statères, nous avons un bon exemple d’un monnayage d’or allié, souvent de titre affaibli. Ce type se rencontre dans le trésor d’Alésia (21) et celui de Brive (19) ou de Corrent (63). Ce monnayage, digne d’intérêt, mérite toute votre attention. Viviane BÉCLIN & Laurent SCHMITT LÉMOVICES, STATÈRE D’ÉLECTRUM À LA GRUE : DEUX POUR LE PRIX D’UNE !
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