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Bulletin Numismatique n°260 18 Il faut toujours se méfier des « faux amis ». C’est le cas pour le monnayage posthume de Lysimaque. L’atelier de Byzance n’avait pas fait partie des ateliers ayant monnayé pour Lysimaque de son vivant (297/6 – 282/1 avant J.-C.). La fabrication des « Lysimaques byzantins » ne débuterait pas avant 270-260 avant J.-C., d’après la thèse toujours inédite de C. Marinescu, Making and Spending Money along Bosporus : The Lysimachi Coinages Minted in Byzantium and Chalcedon and their Socio-Cultural Context, PhD Diss., Columbia University, 1996. D’abord anonymes, sans signe distinctif, ces statères se caractérisent en particulier par l’apparition d’un trident à l’exergue du revers, accompagné de monogrammes ou de différents dans le champ gauche, puis associé aux premières lettres de l’ethnique de la cité, d’abord dans sa forme archaïsante, bientôt remplacées par les lettres (BY) placées sur le trône d’Athéna au revers. Ce type de monnayage va être frappé entre le premier quart du IIIe siècle avant J.-C. et le début du IIe siècle avant J.-C. cf. Oliver D. Hoover, The Handbook of Greek Coinage Séries, volume 3, Handbbok of Coins of Macedon and its Neighbors. Part II : Thrace, Skythia and Taurike, Sixth to First Centuries BC, HGCS 3. 2, Lancaster/ London, 2017, p. 77-79, n° 1373-1385. Dès 1958, Henri Seyrig, dans un article resté célèbre, Parion au 3e siècle avant notre ère, (ANS), New York, 1958, p. 603-625, pl. XLXLII avec des cartes synthétiques, avait donné la liste des ateliers ayant frappé pour Lysimaque de son vivant (p. 616), après sa mort (p. 617) et enfin pour les émissions tardives (p. 623). Outre l’atelier de Byzance, nous rencontrons aussi celui de Chalcédoine (HGCS 7/ 504-508) débutant en même temps que pour Byzance vers 270-260 avant J.-C., pour se terminer au début du IIe siècle vers 195-190 avant J.-C. C’est aussi le cas d’Odessos, mais avec une étendue chronologique plus large (280-200 avant J.-C.) (HGCS 3.2/ 1583). Pour les autres ateliers de la Mer Noire, Tyras et Tomis débuteraient la fabrication au tournant des années 260 avant J.-C. pour Tyras (HGCS 3. 2/ 1950-1951) et pas avant 253 avant J.-C. pour Tomis (HGCS 3. 2/ 1930). Quant aux atelier de Callatis, Tomis et Istros, des Lysimaques très tardifs auraient été frappés dans les années 88-86 avant J.-C. à l’instigation de Mithridate VI du Pont, cf. François de Callataÿ, L’histoire des guerres mithridatiques vue par les monnaies, Louvain-la-Neuve, 1997, atelier auquel il faut aussi ajouter l’atelier de Byzance, p. 139-154, pl. 37-39. THRACE – BYZANCE (IIIe – IIe siècle avant J.-C.) MONNAYAGE AU NOM ET AU TYPE DE LYSIMAQUE (297-281 avant J.-C.) Byzance, la future Constantinople puis Istanbul, fut fondée en 657 avant J.-C. par des colons mégariens venant de Grèce centrale. La cité fut assiégée par Philippe II de Macédoine en 340/339 avant J.-C. et se retrouva dans la part de Lysimaque lors du partage de l’empire d’Alexandre. Après Couroupédion, elle recouvra son indépendance. Sa situation à l’entrée de la Mer Noire au débouché de la Propontide ainsi que ses riches plaines fertiles sur la côte lui assuraient une grande prospérité. Le changement d’étalon monétaire en 357 avant J.-C. semble indiquer une modification des circuits commerciaux de la cité qui s’oriente alors plus vers la Méditerranée orientale et Rhodes que vers la Mer Noire où l’étalon persique était dominant. Quand la cité obtient son autonomie au début du IIIe siècle, elle reprend, d’après les travaux d’Henri Seyrig, la typologie des Lysimaques qui seront frappés dans la cité pendant plus de 150 ans. Statère d’or, Thrace, Byzance, 250-220 avant J.-C. (Or, 8,48 g, 18 mm, 11 h) étalon attique, poids théorique : 8,60 g, 20 drachmes A/ Anépigraphe Tête imberbe d’Alexandre le Grand sous les traits de ZeusAmmon, cornu et diadémé à droite. R/ BAΣIΛEΩΣ ΛΙΣΙMAΞΟY (ΔI) (du roi Lysimaque). Athéna nicéphore assise à gauche sur un trône, tenant une petite Niké de la main droite qui couronne le nom de Lysimaque et le coude gauche reposant sur un bouclier ; dans le champ à gauche, un monogramme et à l’exergue, un trident. HGCS 3. 2/ 1375 Superbe monnaie, centrée des deux côtés. Très beau portrait d’Alexandre, bien venu à la frappe. Revers finement détaillé. Patine de collection. Rare. SUP 5 000€/ 8 000€ Notre statère d’or ne porte pas l’ethnique traditionnel (BY) placé normalement sur le trône. En revanche, à l’exergue, nous trouvons le trident, symbole caractéristique associé aux statères d’or de la Propontide et de la mer Noire jusqu’au Ier siècle avant J.-C. Le monnayage de Lysimaque ne s’arrêta pas à la mort du roi en 281 avant J.-C., mais continua d’être frappé en Thrace et dans les ateliers de la Mer Noire jusqu’au Ier siècle avant J.-C. Exemplaire sous coque NGC XF (Strike 4/5, Surface 3/5). Marie BRILLANT & Laurent SCHMITT BYZANCE FRAPPE POUR LYSIMAQUE ET APRÈS !

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