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Bulletin Numismatique n°259 40 C’est grâce à un article récemment publié dans le Bulletin internet du Val de Salm (n° 533 de juin 2025) que nous pouvons apporter de nombreuses informations nouvelles sur cette monnaie un peu énigmatique. L’archipel des Comores comprend quatre îles : Anjouan, Mayotte, Mohéli et la Grande Comore. Mayotte appartient à la France depuis 1841. Quand aux trois autres îles, elles passèrent sous protectorat français en 1886. L’île de la Grande Comore était divisée en douze sultanats indépendants et concurrents. Le grand-père de Saïd Ali, Achmet, sultan Thibé (ensemble de l’île) fut renversé en 1875 et mourut en prison. Son petit-fils, Saïd Ali (1852-1916) fut élevé à Mohéli, fils de Saïd Omar, sultan d’Anjouan. Saïd Ali sollicita, en lutte contre les autres sultans, l’aide de la France par l’intermédiaire de Léon Humblot (1852-1914), naturaliste, officialisée par le traité du 6 janvier 1886. Saïd Ali fut chassé et obligé de se réfugier à Mayotte en1891. Réinstallé grâce aux troupes d’infanterie coloniale, Saïd Ali signa un nouveau traité le 6 janvier 1892 l’instituant comme seul sultan de la Grande Comore. Dès l’année suivante, Saïd Ali est accusé d’avoir fomenté une révolte contre les intérêts français et est déporté à Diégo Suarez et ne rentrera sur l’île de Grande Comore qu’en 1910. L’annexion de la Grande Comore est entérinée par la loi du 25 juillet 1912. Le Sultan finit sa vie en exil à Madagascar où il meurt le 10 février 1916 à Tamatave. L’apport d’Antoine Clerc améliore la description de la pièce jusque-là incomplète, déjà donnée par J. Zay. COMORES - GRANDE COMORE - SAID ALI IBN SAID OMAR (1885-1910) Module de 5 Francs, AH 1308 = (1890) A – Paris, 2.050 ex. (Ar, 25,02 g, 37 mm, 6 h, 900 ‰) taille au kilo 1/40, poids théorique : 25,00g, 5 Francs A/ Légende arabe : « Saïd Ali fils de Saïd Omar sultan de Ngazidja, que le tout puissant Allah le protège » Au centre, un sabre turc dans son fourreau, rattaché à l’extrémité de la poignée à un kandar (poignard) ; à gauche un arc ; à droite, un revolver, un canon et le millésime 1308 (1890) ; audessous, une sagaie, une flèche et deux décorations. R/ Légende arabe : « Protectorat de la République/ Française glorieuse/ État de Ngazidja/ Qu’Allah le protège Drapeaux français et comorien entrecroisés, accostés de deux étoiles et surmontés d’un croissant avec une étoile, entre une palme et une branche de laurier ; à l’exergue, corne d’abondance, A et faisceau. Tranche inscrite en relief, composée de 24 étoiles Graveur : Auguste-Henri Patey (1855-1930) Corne d’abondance : Régie des monnaies (depuis 1880) Graveur général : Jean Lagrange (1931-1908) (gg. 18801896) VG 4126 – GC 3 – Lecompte 10 A. Clerc, Les monnaies du Sultan Saïd Ali de la Grande Comore, Cercle Numismatique du Val de Salm, n° 533, juin 2025 Rare. SUP 2 000€ La monnaie a été nettoyée. L’apport de l’article d’Antoine Clerc repose en particulier sur la signification de l’arrangement du droit, décrit dans un article du journal L’Illustration. : « Il s’agit en réalité du monogramme du Sultan écrivant en arabe son prénom – Ali – formé des lettres ‘ayn, lam et ya que symbolisent les revolvers, le poignard « kandjar » et le sabre. Les autres éléments représentent les diacritiques : une chedda (l’arc), une fatha (le canon et les flèches) et deux points souscrits (deux projectiles) ». Cette monnaie ne comporte aucune inscription concernant sa valeur. Seul son diamètre (37 mm) et son poids (25,00 g) en déterminent la contre-valeur. À la Grande Comore, cette monnaie était aussi nommée « riyali », terme dérivé du réal espagnol (ou piastre). Z. Zay en 1892 indiquait une production de 10 000 francs soit 2 000 pièces. En réalité, ce sont au total 2 052 exemplaires qui furent fabriqués. Les Archives de la Monnaie de Paris indiquent au total une production de 2150 monnaies pour la délivrance du 25 septembre 1890 (Ms. X365 f° 299). En réalité avec 6 échantillons, ce sont effectivement 2 050 pièces qui ont été frappées. De la même manière, si la gravure de la pièce est attribuée à Patey, la monnaie ne porte pas sa signature en dehors des différents de l’atelier de Paris (A), de la corne d’abondance pour la Régie des monnaies et du faisceau pour le symbole du graveur général. Vous ne pourrez plus regarder cette pièce sans avoir recours à ces nouvelles informations qui, si elles étaient connues depuis l’origine, étaient dispersées, maintenant réunies grâce au travail d’Antoine Clerc. Qu’il en soit remercié. Laurent COMPAROT & Laurent SCHMITT DU NOUVEAU SUR L’ÉCU DE LA GRANDE COMORE !

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