Bulletin Numismatique n°259 36 RÉSUMÉ Un nouveau critère de gravure est proposé pour distinguer les frappes d’origine de la pièce de 20 francs Marianne Coq de ses copies Pinay. Il s’agit d’une feuille surnuméraire dans le motif floral situé au sol, entre les pattes du coq. Ce nouveau critère pourrait suffire à lui seul pour caractériser avec certitude les copies Pinay car, jusqu’à présent, il n’a été observé que sur celles-ci et jamais sur les frappes d’origine. INTRODUCTION Distinguer les frappes d’origine des 20 francs Marianne Coq de leurs copies Pinay peut être réalisé de deux façons principales : - par l’étude de la composition chimique des pièces puisque les copies Pinay sont trimétalliques (or + cuivre + argent) alors que les frappes d’origine sont bimétalliques (or + cuivre) ; - par la mise en évidence de différences de gravure. Le premier point ayant déjà fait l’objet de plusieurs publications (1) (3) et nécessitant un appareil qui n’est pas à la portée de tous les numismates, nous nous intéresserons ici aux seules différences de gravure et plus particulièrement à celles qui, à l’expérience, se sont avérées les plus fiables : - sur le revers : le nombre de feuilles du motif floral et la variété dite «longue queue» ; - sur l’avers : la forme du point situé après la légende. À notre connaissance, le critère floral identifié sur le revers n’a jamais été décrit. Il est l’objet principal de cet article. SUR LE REVERS, LE NOMBRE DE FEUILLES DU MOTIF FLORAL Le numismate attentif a probablement déjà remarqué que le motif floral situé entre les pattes du coq ne présente pas toujours exactement le même aspect. En effet, au fil des frappes (1899 à 1914), des différences plus ou moins subtiles sont apparues, la plus marquée étant l’ajout d’une nouvelle feuille à sa base. En fonction de sa longueur, cette feuille surnuméraire peut revêtir l’un des trois aspects ci-dessous : pas de feuille - (ici, sur frappe d’origine 1912) minuscule ébauche de feuille - (ici, sur frappe d’origine 1907) feuille bien développée - (ici, sur copie Pinay 1912) Sur des pointages personnels, la feuille bien développée n’est observée que sur des pièces présentant par ailleurs les critères des copies Pinay (faussement millésimées 1907 à 1914). Par contre, les deux autres aspects (absence de feuille ou minuscule ébauche) ne sont observés que sur les frappes d’origine millésimées 1907 à 1914 ainsi que sur toutes les pièces à tranche chrétienne (millésimées 1899 à 1906). SUR L’AVERS, LE POINT SITUÉ APRÈS LA LÉGENDE Ce critère ayant déjà fait l’objet de précédentes publications dans le Bulletin Numismatique (2) (3) (4) nous ne rappellerons que l’essentiel. Le point qui suit le mot « FRANÇAISE » est tantôt de forme carrée, tantôt de forme rectangulaire comme illustré ci-dessous : point carré (ici, sur frappe d’origine millésimée 1913) point rectangulaire (ici, sur copie Pinay millésimée 1909) Les points carrés sont observés quel que soit le millésime de la pièce (1899 à 1914) alors que le point rectangulaire n’apparaît qu’à partir du millésime 1907. Ceci dit, les fréquences d’observation des deux types de points sont bien différentes : - 1899 à 1906 : uniquement des points carrés ; - 1907 à 1914 : une prédominance de points rectangulaires et une minorité de points carrés avec, pour ce dernier, une fréquence allant decrescendo jusqu’à 1914. Ces données sont résumées sur le document ci-dessous (pointage personnel) : 20 FRANCS MARIANNE COQ : UN MOTIF DE GRAVURE PROPRE AUX SEULES COPIES PINAY ?
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