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Bulletin Numismatique n°259 32 Dans cet article nous allons nous intéresser aux fautées de tranche que l’on peut trouver sur les frappes réalisées avant la mise en œuvre de la virole brisée i.e. avant 1830. Pour la période du Franc, nous couvrons ainsi de la Première République à Charles X (mais le début du marquage des tranches est beaucoup plus ancien et date de la 2e moitié du XVIIe siècle). Les tranches sont marquées en creux avant de réaliser les frappes, et ce grâce à deux pièces d’acier appelées coussinets et actionnées par un outil. L’outil le plus connu est une invention ancienne réalisée par Castaing vers 1685-1688. Gengembre modernisera l’outil en 1802. Machine à marquer les tranches de Castaing Machine à marquer les tranches de Gengembre / Photo ADF Coussinets droits pour machine de Castaing Coussinets concave et convexe pour machine de Gengembre Collections historiques de la Monnaie de Paris / Photos ADF Pour plus d’informations sur ces outils, se reporter à l’ouvrage Le Franc, les Monnaies, les Archives (pages 39 et 40) publié chez CGB en 2019. Par ailleurs, tous les outils de marquage de la tranche pour le monnayage de Napoléon 1er, Louis XVIII et Charles X, qui sont présents dans les réserves du musée Monétaire de la Monnaie de Paris à Pessac, sont publiés dans les tomes respectifs de la série Le Franc, les Essais, les Archives publiés en 2023 et 2024. Le marquage en creux des tranches par ces outils peut présenter de temps en temps des erreurs que nous allons illustrer ici avec des monnaies de la 1re République : les 5 Francs Union et Force. Mais bien évidemment nous retrouvons ces mêmes types d’erreurs sur les autres périodes. Pour ce faire, nous avons utilisé le mécanisme mis au point par l’ingénieux ADF Jean-Philippe Marie qui permet de prendre en photo en même temps la pièce et sa tranche. La position de la légende des tranches par rapport à la gravure des monnaies (et le fait qu’il s’agisse d’une tranche A ou B) est ici complètement aléatoire, contrairement aux frappes en virole brisée qui, elle, assure une identité. Nous nous concentrerons donc ici seulement sur les motifs des tranches, et le mécanisme de prise de vue permet de les apprécier de manière globale. 5 Francs Union et Force An 11 A © Banque de France / Photo ADF MARQUAGE FAIBLE DE LA LÉGENDE OU QUASI ABSENT Gengembre précise dans un mémoire écrit en l’An 10 et retranscrit dans le BN n° 57 page 12 : « La distance entre les fonds gravés des deux coussinets doit être un peu plus petite que le diamètre du flan : elle se règle en faisant avancer ou reculer par deux vis, le coussinet placé dans l’encastrement fixe ». Si la distance est mal réglée ou si un flan a un diamètre plus petit que les autres, la gravure de la tranche peut alors devenir faible voire inexistante. Gengembre indique également qu’avec la machine de Castaing « la règle s’altère et use promptement les coulisseaux et la plaque par le frottement continuel qu’elle exerce contre eux. Bientôt il se fait un ballottement qui permet au coussinet mobile de se renverser ; et dans ce cas la tranche se trouve moins ou même point marquée sur un des bords de l’épaisseur de la pièce comme il arrive quand le flan est mal coupé ». 5 F An 9L Chaque lettre ou motif de la tranche apparait faiblement et partiellement. Collection Alain Maës / Photo ADF 5 F An 7L tranche quasi brute, on peut à peine deviner l’existence potentielle de lettres. Collection Philippe Théret / Photo ADF LES ERREURS MONÉTAIRES DE TRANCHE VUES SUR LES 5 FRANCS UNION ET FORCE

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