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Bulletin Numismatique n°259 30 COIN DU FRANC LA PREMIÈRE PIÈCE DE 5 CENTIMES On a tendance à penser que la première pièce de 5 Centimes a vu le jour en l’An 4. Mais c’est oublier que la date clé fondatrice du Franc est le 1er août 1793 où un décret de la Convention nationale instaure officiellement l’uniformité des poids et mesures au travers du système décimal. Est annexé au décret le tableau du nouveau système des poids et mesures et de leurs dénominations. On y trouve le mètre comme unité des mesures linéaires, l’are comme unité des mesures de superficie, la pinte (décimètre cubique) comme unité de mesure de capacité, le grave (décimètre cubique d’eau) comme unité de poids et enfin le franc d’argent comme unité monétaire ! Il faudra attendre le décret du 18 germinal An 3 (7 avril 1795) pour le remplacement des dénominations du grave par le kilogramme et de la pinte par le litre. Le Franc est ainsi créé et défini comme une pièce d’argent de 10 grammes au même titre que les écus de 6 livres, ce qui donne 9,17 grammes d’argent pur. Nous sommes encore loin des décrets du 28 thermidor An 3 (15 août 1795) ou de celui du Franc germinal (7 germinal An 11 / 28 mars 1803) qui lui octroieront un poids plus faible de 5 grammes dont 4,5 g d’argent pur (soit un titre de 900 ‰, contre 917 ‰ pour les écus plus anciens). Quelques jours après ce texte, un nouveau décret, en date du 24 août 1793, décide de la fabrication de petite monnaie issue de mélange de cuivre et de métal de cloches : les notions de Décime et Centime apparaissent. Ces monnaies ne seront jamais mises en circulation. Néanmoins, nous connaissons l’essai de Centime et nous avons l’illustration dans le Dewamin de deux essais pour la 5 Centimes. © Cgb.fr © Dewamin Essai sans date et sans différent à l’avers © Dewamin Essai avec date et différent à l’avers (niveau) Guilloteau puis Mazard illustrent ces deux essais de 5 Centimes avec des monnaies qui semblent être strictement les mêmes que celles de Dewamin. Dewamin ne précise toutefois pas le métal, tandis que Guilloteau les présente en bronze et Mazard en cuivre. Nous ne connaissons pas d’exemplaires dans les grandes collections publiques (BnF, Monnaie de Paris, Carnavalet…). Si Guilloteau et Mazard les ont repris du Dewamin sans les avoir vus, il est possible que ces essais ne soient pas en bronze ou cuivre mais seulement en métal blanc (alliage avec de l’étain) et possiblement unifaces. Notre doute est renforcé par la présence effective de deux unifaces dans la vente de la collection Margolis (Part IV) ayant eu lieu le 30/08/2025 chez Stack’s & Bowers. © Stack’s & Bowers Les deux unifaces ont été vendues séparément. L’uniface de l’avers, gradée MS61 par PCGS, a réalisé le prix de 3 840 dollars (avec les frais). L’uniface de revers (avec l’avers dessiné), gradée AU58 par PCGS, a réalisé le prix de 6 600 dollars (avec les frais). Il s’agit incontestablement de deux pièces de niveau musée ! Il reste à retrouver un exemplaire de l’avers sans la date ni le différent. Et pourquoi pas, même si cela nous parait douteux, des exemplaires en cuivre ou bronze.

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