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Bulletin Numismatique n°259 28 En tant que jeune collectionneur de 20 ans, je me suis lancé dans une étude sur les monnaies de 1793 à 1794 dites à la balance. Ces monnaies ne bénéficient que de peu d’études détaillées et d’ouvrages de référence. Le seul ouvrage récent dans lequel on trouve des informations sur l’existant est celui d’A. CLAIRAND sur les monnaies royales, de Louis XIII à Louis XVI (Clairand, 2023). Leur position dans le monnayage français, le lien entre le système duo-décimal royal et le monnayage décimal à venir leur donne une place de pivot, dans ces monnaies conventionnelles qui sont les premières à ne plus faire apparaître le profil du souverain sur les monnaies. Les différentes études que j’ai débutées sur ces monnaies m’ont conduit à récemment identifier une variante pour le Sol à la balance 1793 sans lettre d’atelier, jusque-là encore non référencée. Sur le revers de ce Sol à la balance nous pouvons voir qu’il manque la lettre d’atelier au-dessus de la date « 1793 ». Le manque d’un élément de gravure comme celui-là peut résulter de deux phénomènes : un coin bouché ; une absence de l’élément de gravure sur l’outil. Dans le cas présent ; un pointage réalisé principalement grâce aux archives de CGB, Inumis et Numiscorner a permis d’avoir un échantillon d’environ 1 300 monnaies qui montre au total 3 exemplaires présentant ce défaut. Une comparaison rapide des monnaies nous permet de conclure à l’existence d’un seul et unique coin. En effet, il s’agit d’un coin choqué avec la présence dans la légende à l’avers, du G d’« ÉGALITÉ », au niveau du ‘E’ de la légende « FRANCOISE ». On trouve également une deuxième trace de ce coin choqué, entre le dernier ‘I’ de « L’AN II » qui est en bas à droite de la table, certainement un morceau du ‘É’ de « ÉGALITÉ ». Ces trois exemplaires ont donc été frappés avec le même coin et probablement à très peu d’intervalle les uns des autres. Après étude d’un exemplaire en main et des deux restants avec des photos, il a été impossible de détecter un ‘fantôme’, une trace de la lettre d’atelier. L’hypothèse la plus plausible est alors de considérer un oubli du graveur et donc un outil considéré comme terminé mais sans la lettre d’atelier. S’agissant d’un coin choqué, il n’est pas à exclure que l’on trouve cette même monnaie sans cette caractéristique… avant ce choc sans présence de flan entre les coins. Ces détails sont une manière rapide et certaine d’identifier cette variante. Sans lettre d’atelier, comment attribuer cette monnaie ? Si la lettre d’atelier est absente, en revanche, les différents sont, eux, bien présents. Il est ainsi possible de réduire le champ du possible à un atelier et ses deux « officines » annexes : Lille, Arras et Saint-Omer. La différence et l’identification certaine auraient été possibles avec la lettre d’atelier, marquée d’un simple W ou W. (avec point) ou encore W * (avec étoile). L’éventualité d’une correction du coin après ces frappes est peu probable, mais si tel était le cas, les marques issues du choc coin sur coin serait un indicateur permettant de remonter à l’ensemble des monnaies issues du même coin d’avers. Dans les Sol à la balance non datés (1794), nous trouvons une situation similaire mais référencée avec l’absence de la lettre d’atelier et identifiable grâce aux différents pour l’atelier de Limoges. Nous pouvons donc ajouter cette variante à la liste des Sol à la balance connue à ce jour. Si vous souhaitez participer à mon étude en partageant des photos ou échanger sur les monnaies dites « à la balance » de 1793 et 1794, vous pouvez me contacter à l’adresse mail suivante : mlegendre.numis@gmail.com Je remercie Xavier BOURBON pour son aide dans la rédaction de cet article. Mathis LEGENDRE CLAIRAND A. (2023) Monnaies royales françaises et de la Révolution. 1610-1794. Editions Les Chevau-Légers, Paris. UNE VARIANTE DU SOL À LA BALANCE ENCORE NON RÉFÉRENCÉE !

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