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Bulletin Numismatique n°259 22 En grec, le lion se dit (Λεον). C’est tout naturellement que le lion symbolise la ville dont son nom est issu. Il est son épisème (symbole distinctif représenté sur les monnaies de la cité au revers). C’est lui que nous retrouvons sur notre tétradrachme frappé à partir de 455 avant J.-C. L’histoire de la cité entre cette date et 427 avant J.-C. reste mal connue, mais elle a donné à la cité parmi les plus beaux de ces tétradrachmes avec une élégante tête juvénile d’Apollon au droit et ce majestueux mufle de lion au revers, entouré de ses quatre grains d’orge, symbolisant la fertilité et la richesse agricole de son territoire. SICILE – LÉONTINI (Ve – IVe siècle avant J.-C). Léontini fut fondée en 729 avant J.-C. par des Chalcidiens de Naxos. En 496, Léontini passa sous l’influence d’Hippokratès, tyran de Géla avant de rejoindre la férule de Syracuse avec Hiéron Ier vingt ans plus tard. À la mort du tyran, la cité se libéra en 466 avant J.-C. en instituant la Démocratie. La ville fut subjuguée par Syracuse en 422 avant J.-C. et ses habitants s’installèrent à Syracuse. Leontini avec Ségeste firent appel à Athènes afin d’intervenir contre Syracuse. C’est la fameuse expédition d’Athènes en Sicile qui se solda par un désastre. Léontini fut repeuplée par Agrigente, Géla et Camarina, et son intégrité garantie par les Carthaginois après la paix signée par Himilcon. Mais dès 403 avant J.-C. Denys l’Ancien s’empara de la cité et déporta sa population. Après la mort de Denys l’Ancien, Léontini se révolta et ouvrit ses portes à Dion contre Denys le Jeune. Hikétas s’établit à Léontini. Hikétas s’empara de Syracuse en 344 avant J.-C., obligeant Denys le jeune à trouver refuge sur l’île d’Ortygie. Hikétas retourna à Léontini à l’arrivée du général corinthien Timoléon et de ses mercenaires. Hikétas fut finalement assassiné. Les habitants de Léontini quittèrent à nouveau leur cité pour Syracuse. Ennemis hériditaires des Syracusains, les dissidents de Léontini s’allièrent aux Carthaginois contre Agathoklès qui, après l’intervention du général Akragantain, Xenodikos, finalement resta sous influence syracusaine. La ville fut ensuite conquise par Pyrrhus lors de son expédition en Sicile avant d’être intégrée dans le royaume de Hiéron II. Hiéronymos, petit-fils de Hiéron II, fut assassiné à Léontini qui se révolta contre Syracuse et s’allia aux Carthaginois. La cité fut prise l’année suivante par Marcellus et devint cité tributaire. Tétradrachme, Sicile Léontini (Leontinon), c. 455-430 avant J.-C. (Ar, 17,28, 26,50 mm, 7 h), étalon attique, poids théorique : 17,28 g, 4 drachmes ou 24 oboles A/ Anépigraphe Tête laurée d’Apollon à droite. R/ LE-O-N-T-INO-N « Λεοντινον »,(de Léontini) Petite tête de lion à droite, la gueule ouverte et la langue pendante, entourée de quatre grains d’orge. ANS 245-7 – MIAMG 430 var. (4500€) – Rizzo - HN – HGCS 2/ 667 Chritof Beorhinger, Zur Mpuzgechichte von Leontinoi in klassischer Zeit, Studies in Greek Numismatics in memory of Martin Jessop Price, edited by R. Ashton and S. Hurter, Spink, London, 1998, p. 41-53, pl. 10-13 cf. p. 53 n°45, pl. 12 (Ars Classica XII, 1926, n° 749) (même coin de droit) Très belle monnaie sur un flan idéalement centré des deux côtés. Léger tréflage au droit mais beau portrait. Revers de toute beauté avec un lion bien venu à la frappe. Patine grise avec des reflets dorés. Très rare. SUP/ SPL 9 000€ Mêmes coins que l’exemplaire de la vente CNG, 120, 2022, n° 55, provenant des coll. Deyo (CNG 90, n° 351 et J. Dawley (CNG 36, n° 1756). Même coin de droit que l’exemplaire n° 45 (Boehringer) (SNG Lloyd n° 1056, SNG Ashmoean n° 1787, coll. C. Gillet, n° 443 et AC XII, n° 749) Le type du revers fait référence au nom de la cité. Quant au droit, Apollon était considéré comme le fondateur de la cité. Les grains rappellent la richesse des plaines entourant la ville. Cet exemplaire provient de la collection R. P. Ruberford. Exemplaire sous coque NGC Ch XF (Strike 4/5, Surface 4/5, die shift). Avec son certificat d’exportation de bien culturel n°254218 délivré par le ministère français de la Culture. Après avoir examiné cet exemplaire, vous ne pourrez plus jamais regarder un tétradrachme de Léontini sans penser à l’épisème de la cité qui devait faire que même pour un analphabète, l’identification à la cité (polis) était immédiate grâce à son lion qui ornait le revers de ses monnaies. Marie BRILLANT & Laurent SCHMITT LE LION ÉPISÈME DE LEONTINI

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