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Bulletin Numismatique n°238 46 Le dernier trimestre 2023 a été très intense pour nous avec la sortie de notre ouvrage sur l’histoire du Franc durant la période 1803-1815 (Napoléon 1er). Mais pour autant nous sommes plongés depuis plusieurs mois dans la préparation des ouvrages suivants, notamment ceux de Louis XVIII et de Charles X que nous sortirons en cette année 2024 qui correspond au bicentenaire de la mort de Louis XVIII et à l’avènement de Charles X. Les archives de la Monnaie de Paris demeurent une clé de voûte pour la construction de nos ouvrages. Celles-ci vont nous éclairer sur un essai peu connu dont un exemplaire est apparu sur le marché numismatique lors de la vente de la collection Newman en 2014 chez Heritage : Sur cet essai, on note l’absence du différent du graveur général Tiolier ainsi qu’une usure montrant bien qu’elle s’est retrouvée dans la circulation ! Un échange de courrier daté du 06/07/1826 entre l’Administration et le ministre des Finances nous en apprend beaucoup sur cet essai de la 40 Francs or réalisé en argent et qui s’est retrouvé dans la circulation (comme une pièce de 2 Francs) : « Mgr, En nous transmettant la pièce de 2 F frappée au type de la pièce de 40 Francs à l’effigie du feu Roi, au différent, de la Monnaie de Paris et au millésime de 1815, que M. le Préfet du Cher avait adressée à S. Exce le Ministre de l’Intérieur, vous nous chargez de rechercher et de vous dire comment ces pièces de cette espèce ont été mises en circulation ? L’Administration a eu dernièrement l’honneur de rendre compte à V. Exce de la représentation qui lui avait été récemment faite au nom de Mr le Procureur du Roi près le Tribunal de la Seine, d’une pièce semblable, qui avait fait partie d’un rouleau de pièces de 2F et avait donné lieu à un commencement d’instruction judiciaire. Nous croyons ne pouvoir mieux faire que de transcrire littéralement ici la déclaration que le Graveur général des Monnaies a faite, le 9 juin dernier, au Procès-verbal dressé par le magistrat chargé de l’instruction : « Je déclare que cette pièce est une première pièce d’essai, frappée régulièrement avec des coins légaux de 40 Francs au type de Louis 18, à la Monnaie de Paris, au millésime de 1815. Le différent du Directeur n’est pas le même que celui qui a été empreint sur les coins de la fabrication définitive des pièces de 40F ultérieurement mis en circulation. Ce différent n’était que provisoire. Le différent du Graveur n’a pas été empreint sur les coins d’essai, ce qui explique l’absence de ce différent sur la pièce représentée. Cette pièce est du très petit nombre de celles qui furent fabriquées en 1815 pour essai des pièces de 40 ; et qui devaient toutes être rapportées à l’Administration des Monnaies pour être refondues. Elle est identiquement la même que la pièce d’essai conservée, comme renseignement dans le médaillier de l’Administration mise à l’instant sous les yeux de Mr le Juge d’Instruction. L’objet de cet essai était 1° de mettre l’Administration à portée de juger les empreintes, 2° de faciliter au Graveur général les moyens de retouches, 3° de mettre la pièce projetée sous les yeux du ministre, pour être, par S. Exce soumise au Roi. L’essai ne pouvait être fait que sur une matière dure ; il y aurait eu trop de perte à le faire en or, trop de danger à le faire en cuivre, ce qui a déterminé l’Administration à le faire en argent, ainsi qu’elle le pratique ordinairement pour les premières pièces d’essai, qui sont toujours biffées et refondues. Celle ci a très peu circulé et je ne puis expliquer comment elle a pû ne pas être rapportée à l’Administration des monnaies. Telle est, Mr, l’origine de cette pièce de 2 F que nous vous demandons la permission de cizailler, comme nous l’avons fait de celle apportée en Juin dernier par le juge d’Instruction, et si V. Exce n’y voit pas d’inconvénient. © Collections historiques de la Monnaie de Paris / Photos ADF Nous la réunirons à la pièce déjà déposée au médaillier de notre Administration. Elle sera ainsi la 3e des 10 ou 12, tout au plus, qui ont pu être mises en circulation, en 1815, par les personnes de la Cour, ou autres, auxquelles elles avaient été présentées comme modèle des pièces d’or de 40F ; qui les ont conservées par curiosité ou par inadvertance, et qui n’ont pas senti l’importance de les renvoyer à l’Hôtel des monnaies. Le nombre est trop peu considérable pour qu’on puisse concevoir la moindre inquiétude. D’autant que nous avons l’honneur de déclarer à V. Exce qu’il n’est pas venu à notre connaissance que personne ait jamais payé ou dorer ces pièces de 2 F à l’effet de les faire passer pour 40F » [MEF-MACP, SAEF/X.Ms156]. Cet extrait est un exemple de contenu qui sera présent dans le prochain volume qui est déjà en relecture et dont le départ à l’impression est prévu pour fin mars, ce qui donne une sortie prévisionnelle courant mai. Si les archives sont essentielles à la réalisation de ces ouvrages sur l’histoire du Franc, ils ont également besoin de vous : les collectionneurs ! Pour ce faire, vous pouvez : 1/ contribuer au contenu du livre pour le recensement. Si vous possédez des essais rares (incluant les flans brunis des monnaies circulantes) de la période (1803-1870), contacteznous à l’adresse mail suivante : essais@amisdufranc.org 2/ souscrire à l’avance à des versions de prestige des ouvrages. La souscription à la version « Prestige » de l’ouvrage sur UN ESSAI DE 40 FRANCS LOUIS XVIII EN ARGENT SOUS LA LUMIÈRE DES ARCHIVES

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