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Bulletin Numismatique n°236 50 Collection de S.A.S. le prince de Monaco PREMIÈRE SEMAINE (11-15 OCTOBRE 2023) Pendant 5 jours, du mercredi 11 octobre au dimanche 15, la numismatique s’est manifestée avec bonheur à Monaco. D’abord par les deux ventes aux enchères organisées par les deux plus importantes maisons de numismatique1 de la Principauté où sont actifs six numismates professionnels2 ; ensuite par le Salon de l’Association numismatique de Monaco qui fêtera l’an prochain sa 30e manifestation. Les deux ventes ont concerné 2617 monnaies et médailles ainsi que 366 billets pour la première (mercredi, jeudi, vendredi) et 869 monnaies pour la seconde. De ces deux ventes on peut retirer les enseignements suivants : 1°- Les ventes aux enchères monégasques touchent aujourd’hui un public international qui dispose de gros moyens. 2°- Les acheteurs privilégient les monnaies de toute première qualité en ce qui concerne l’état de conservation, désirant systématiquement au moins du Superbe, de préférence du SPL ou du FDC. Cette exigence l’emporte systématiquement sur la rareté. Les monnaies en TTB, a fortiori en dessous (il n’y en a pratiquement pas sauf des raretés), trouvent difficilement preneur. Les acheteurs tiennent compte de la gradation : deux monnaies SUP à FDC gradées respectivement 64 et 66 peuvent être vendues du simple au double. 3°- Les acheteurs sont sensibles à la beauté artistique des monnaies. Ainsi, pour les monnaies antiques, les grecques et les romaines en parfait état trouvent preneur à haut prix. En revanche, on constate depuis 3 ans une réelle désaffection à l’égard des monnaies gauloises, peu prisées. Pour les mérovingiennes, carolingiennes et premières capétiennes, les résultats sont mitigés. Les royales qui ne sont pas superbes ne se vendent pas, de même que les multiples d’or de Louis XIII (80 livres, 40 livres postérieure à 1640) en dessous du superbe. 4°- Les acheteurs, à l’exception des « passionnés » pour une monnaie, ne mettent pas n’importe quel prix. Pour le Moyen Âge, deux exemplaires de la couronne d’or de Philippe VI (1340) étaient proposés : la première FSC gradée 65 à 80 000€ n’a pas trouvé preneur, la seconde en FDC gradée 63 a été vendue 45 000€ (+ frais). Un statère d’or de Panticapée SUP/FDC n’a pas trouvé preneur à 90 000€. 1 MDC et Éditions Gadoury. 2 Aux deux premiers, ajoutez Boule, Würz, Shama et Brych. 5°- Un certain nombre de monnaies ont été vendues plus de 100 000€ (+ frais). Parmi celles-ci un multiple de 80 livres de Louis XIII (pièce de plaisir dite « huit louis » depuis le XIXe siècle) s’est vendu 260 000€ (+ frais). L’essai en or de l’écu au bandeau (1740), gradé 62, 150 000€. L’essai en or de la pièce de 5 francs non daté (1801-1802), gradé 62, 220 000€. L’essai britannique de 5 livres 1839, gradé 67, 1 300 000€. La pièce de 10 scudi de Savoie 1610, gradée 60, 300 000€. La pièce de 6 doppie de Parme, gradée 58, 160 000€. Le multiple de 40 livres de Louis XIII dit « quatre louis », répertorié en 1690, gradé 45, 120 000€. La pièce de 10 scudi de Savoie 1633, gradée 53, 181 000€. Les prochaines ventes de ces deux maisons sont prévues au printemps 2024. Souhaitons qu’elles soient à nouveau groupées afin de rencontrer le même succès. Mais les ventes aux enchères et le salon de l’ANM, honoré de la présence d’officiels, ne sont pas la seule activité numismatique de Monaco. Du 2 au 5 novembre aura lieu au musée des Timbres et des Monnaies, fondé en 1995 par le prince Rainier III, une nouvelle exposition numismatique après celles de 2008, 2012, 2015 et 2020 (commissaire : le professeur Jean-Louis Charlet). Elle sera consacrée aux monnaies du duché de Valentinois, ancien fief des Grimaldi en France, donné en 1641 par Louis XIII à Honoré II de Monaco en exécution du traité de Péronne. À l’occasion de cette exposition le musée mettra en vente sur place la pièce de collection de 50€ en or frappée en hommage au prince Rainier III pour le centenaire de sa naissance qui est célébré en cette année 2023, cet éminent souverain monégasque étant décédé en 2005 après 56 ans de règne. DEUXIÈME SEMAINE (30 OCTOBRE – 5 NOVEMBRE 2023) Entrecoupée par la journée fériée du 1er novembre (Toussaint), cette semaine a connu une intense activité numismatique de haut niveau. Le 30 octobre, le président-directeur général de la Monnaie de Paris, Marc Schwartz, accompagné de deux de ses collaborateurs, était en visite professionnelle à Monaco. Reçu d’abord au Palais princier par la Commission consultative princière des Timbres et des Monnaies avec laquelle il a eu une réunion de travail, le président s’est ensuite rendu au musée des Timbres et des Monnaies, bien connu de la Monnaie de Paris. En effet, celle-ci a activement participé aux expositions numismatiques de prestige organisées en 2008, 2012 et 2015 ainsi qu’à la cérémonie d’inauguration, en 2011, du retour du balancier de Droz en Principauté de Monaco (voir encadré), magnifique machine à frapper la monnaie prêtée au musée monégasque par la Monnaie de Paris qui en reste propriétaire. Le président Schwartz a fait une forte impression car il est peu commun de rencontrer chez un haut fonctionnaire les qualités inhérentes à un grand chef d’entreprise, ce qu’il est. Ancienne direction du ministère de l’Économie et des Finances, la Monnaie de Paris est devenue depuis une quinzaine d’années un établissement public industriel et commercial, c’estLA NUMISMATIQUE MISE À L’HONNEUR À MONACO

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