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Atelier de Mouzon Charles VII Sources documentaires 1075 Mon ami Dominique Lemaire, qui travaille sur les florettes de Charles VI, et qui de ce fait étudie l’atelier de Guise et de Mouzon, reste sceptique sur la possibilité de frappes de Charles VII dans l’atelier de Mouzon. « Nous avons connaissance des monnaies de Mouzon pour les périodes mérovingienne et carolingienne. Puis après un denier d’Othon Ier vers 950, aucune monnaie mouzonnaise ne nous est parvenue avant le début du XVe siècle1. Les dauphins de France étant de droit, gouverneurs de Mouzon, la ville reconnaît l’autorité du dauphin Charles (futur Charles VII). Qu’une ville et ses environs restent fidèles au dauphin en plein milieu de territoires hostiles contrôlés par l’alliance du roi d’Angleterre et du duc de Bourgogne paraît surprenant. Mais à l’époque, s’emparer d’une ville fortifiée présente d’énormes difficultés. En effet, un siège pour être étanche nécessite de nombreuses troupes. Un assaut suppose qu’on puisse amener, par des mauvais chemins, des catapultes et des bombardes destinées à abattre les murailles. En 1891, Nicolas Goffart2 nous signale une lettre patente du dauphin régent faite à Issoudun le 31 janvier 1419, concernant l’ouverture de l’atelier de Mouzon : « Charles, fils du Roi de France régent du royaume ..... voulons et ordonnons une forge de monnoie estre faicte et construicte et icelle constituons en lad. ville de Mouzon pour y faire ouvrer et monnaier tant ouvraige tant dor comme d’argent …» la suite du texte ordonne la construction des bâtiments et des fourneaux ainsi que le recrutement du personnel qu’il faudra faire venir des ateliers voisins. Le 12 octobre 1419, un bail général de toutes les Monnaies du Dauphin est accordé à Marot de Betons échevin de Poitiers. Il reçoit le bénéfice des monnaies en échange de la somme de 2 160 000 livres tournois. Il s’engage d’autre part à établir quatre nouveaux ateliers à Loches, Sens, Mouzon et Villefranche-de-Rouergue3. C'est-à-dire que plus de huit mois après la décision de créer l’atelier de Mouzon, celui-ci ne fonctionne pas. Le 22 avril 1420, Marot de Betons et ses associés se voient accorder une remise sur leur bail du fait que les ateliers du Languedoc ne sont pas sous leur contrôle. Dans ce manuscrit, Mouzon est cité: « Et en ce n’est point entendu des Monnayages de Mouzon, de Sens et de Villefranche pour ce qu’on ne scet quand elles ouvreront. » Donc Mouzon est encore inactif à ce moment. Marot de Betons éprouve bien des difficultés à assurer le fonctionnement de ses ateliers malgré la remise dont il a bénéficié en avril. Le 27 mai 1420, il abandonne sa maîtrise4. A la fin de 1420, des commissaires sont nommés par le régent pour percevoir le profit des monnaies. Les comptes de l’hôtel du Dauphin nous apprennent qu’André de Villeneuve a, pour sa part, la charge de l’atelier de Mouzon mais aussi les ateliers de Bourges, Saint-Pourçain, Limoges, Le Puy, Guise et Villefranche. Il effectue son premier versement le 12 janvier 14215. Favorablement, plusieurs articles parus ces dernières années dans différentes revues éclairent cet imbroglio : - Une découverte en 1998 d’un gros de 20 deniers tournois dit « florette »6, ayant une lette m onciale sur un besant et des similitudes avec des florettes de l’atelier de Guise, est attribué à Mouzon. Nous situons sa frappe entre septembre 1419 et mai 1420 sous l’autorité du Dauphin. 1 DIEL Jean, «La monnaie de Mouzon sous Charles VI », TERRES ARDENNAISES, Revue d’histoire et de géographie locales, N° 113 – Décembre 2010, pp. 43-46. 2 GOFFART N., Numismatique ardennaise, ASFN, 1891, pp. 176-177. 3 DE SAULCY, «Recueil de documents relatifs à l’histoire des monnaies frappées par les Rois de France », II, Caen, 1888, p. 240 : « Ce bail comprend : 1° les dix-huit ateliers qui fonctionnent présentement… 2° Quatre ateliers à établir, savoir : Loches, Sens, Mouzon et Villefranche en Rouergue. » (Ord. XI, 23 et suiv. – Morin, p. 237, 8. 9.) 4 DIEL Jean, «La monnaie de Mouzon sous Charles VI », TERRES ARDENNAISES, Revue d’histoire et de géographie locales, N° 113 – Décembre 20110, pp. 43-46. 5 A. N., KK 50, f° 2 r° à 3 v°, 23r° et 23 v°. 6 LEMAIRE D. et SCIAU G., « Une florette au nom de Charles VI, frappée à Mouzon (?) », BSFN, septembre 1998, pp. 199-201. GARNIER JP, « A propos de la florette de Charles VI frappée à Mouzon », BSFN, février 1999, pp. 29-30.

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